La Gazette

des Comores

3 drôles de dames au service de la Culture

3 drôles de dames au service de la Culture © : HZK-LGDC

Mercredi soir, les sœurs Aboubacar Said Salim ont présenté Djimbo na Comptines, un livre musical de comptines françaises, adaptées et illustrées en shikomori par leurs soins. L’occasion pour les trois jeunes mamans de présenter au public leur maison d’édition, Pomme d’humour. Lumière sur le concept novateur de ces drôles de dames.


Lumière tamisée, bruits de fond agrémentés de rires, de pleurs et de chuchotements, pas de doutes, on va parler petite enfance. Mais pas que. Mercredi 14 Juin dernier, l’Alliance française a accueilli trois drôles de dames venues présenter un concept qui devrait réconcilier nos enfants avec notre langue maternelle. Un livre illustré, de comptines françaises adaptées en shikomori. Rahma Aboubacar, psychologue de formation, enseignante à Henri Matisse et illustratrice affirmée, porte ce projet depuis plusieurs années. « L’idée est de favoriser l’apprentissage et la pratique de la langue comorienne via un support ludique. C’est important pour le développement cognitif de l’enfant de parler sa langue maternelle et ce livre se veut une façon amusante pour palier à ce problème de plus en plus récurrent dans nos foyers ».

Sur scène, elle est accompagnée par ses deux jeunes sœurs, Haira Aboubacar, juriste de formation, fonctionnaire internationale d’une organisation consacrée à l’amélioration et à la promotion de la condition des enfants et DAF de la maison d’édition, et Dayana Aboubacar, issue du secteur bancaire et dessinatrice. « Nous sommes une fratrie de 7 filles. A la maison, notre père avait l’habitude, lorsqu’il y avait des délestages, de nous conter des histoires et nous chanter des chansons pour passer le temps. Ça nous a beaucoup marqué et c’était toujours des moments riches », a confié Dayana Aboubacar dont les dessins représentants des scènes de vie quotidienne de tout comorien (achat de chaussures la veille de l’aid, séance de coiffage entre mère et fille…) défilent à l’écran derrière elles.

Il était important pour ces jeunes femmes dont le papa n’est autre que l’écrivain Aboubacar Said Salim, de proposer un livre capable de rassembler et éduquer, de façon amusante, l’idée étant de répondre à deux problématiques auxquelles sont confrontés les jeunes parents de nos jours : l’absence de lecture et un rejet de la langue comorienne. « Les Comoriens ne considèrent par les bouquins comme leurs amis. Notre premier contact avec le livre est le manuel scolaire et cela est tout de suite associé à l’apprentissage, la mémorisation, la pression scolaire », explique Rahma Aboubacar. Cela combiné au fait que les jeunes parlent de moins en moins le shikomori. « Jusqu’à aujourd’hui, parler shikomori en classe peut être passible de punition dans nombre de nos écoles ». Résultat : on lit peu et on finit par avoir honte de notre culture, de notre langue. « Dès la crèche, on apprend aux enfants les « Frères Jacques », « J’aime la galette » et autres comptines françaises. On s’est dit qu’on devait partir de là ».

Sur la scène de l’AF, l’artiste Costy a accompagné la troupe d’enfants venue chanter quelques extraits du livre musical, pour le plus grand plaisir du public. « Quand Rahma m’a parlé du projet, j’ai tout de suite été emballé », a expliqué Costy, auteur, compositeur et enseignant d’éducation musicale à l’école française. « Elle est venue au studio où nous avons enregistré les morceaux. Je l’ai accompagnée à la guitare et fait les arrangements ». Djimbo na Comptines a vu le jour grâce à une campagne de financement participative. « J’aimerai remercier les personnes qui nous ont aidés et soutenus. C’est grâce à vous, contributeurs, que ce projet voit enfin le jour. Un grand merci également à l’école Henri Matisse, la Meck, les éditions 4 étoiles, l’AF et l’association Ylang ». Djimbo na Comptines, dont les chansons sont enregistrées sur une clé USB intégrée, sera en vente dès la semaine prochaine à Moroni.

S. Ch.

 


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