Du 08 au 13 septembre, les Comores ont pris part au 8ᵉ Sommet des Institutions Culturelles d'Afrique et de la Diaspora (SICADIA 8), qui s'est ouvert cette dans la capitale marocaine. C'est Rahim El Had Ahamada qui a porté la voix de l'archipel, une figure bien connue du milieu culturel comorien.
Le SICADIA n'est pas né hier. Son histoire remonte à 2008, dans le sillage de la deuxième Conférence des ministres de la Culture de l'Union africaine (UA), tenue à Alger. Depuis sa création, le sommet a successivement posé ses valises à Lagos, Yaoundé, Abuja, Maputo, Niamey et Conakry. Pour sa 8ᵉ édition, il s'installe pour la première fois en Afrique du Nord, à Rabat, au siège des Capitales Africaines de la Culture. Le thème choisi pour cette édition touche à l'une des questions les plus lourdes de l'histoire du continent à savoir les réparations liées aux crimes contre l'humanité commis pendant la traite négrière et l'esclavage. Un choix qui s'inscrit dans le prolongement de la décision de l'UA de consacrer l'année 2025 à cette question. Les participants sont appelés à plancher sur les racines profondes de ces tragédies, sur leur transmission et sur les formes que pourrait prendre la réparation — dans les champs politique, éducatif, géopolitique et intellectuel. « Le sommet était intéressant. On a parlé de la restauration de l’esclavage, comment récupérer les récits et le reste pour trouver notre souveraineté et notre pensée », montre Rahim Elhad, le président de Kam'Art Culture, qui occupe le poste de point focal de l'Observatoire des politiques culturelles en Afrique (OCPA) aux Comores.
La présence de Rahim El Had Ahamada à Rabat n'est pas qu'un symbole. Elle offre aux Comores une tribune dans les espaces africains de réflexion et de coopération culturelle. Politiques culturelles, mémoire, patrimoine, industries créatives, place des acteurs culturels dans une Afrique plus intégrée, les sujets ne manquent pas, et les Comores entendent bien y prendre part. Les institutions culturelles sont appelées à réfléchir sur comment faire pour arriver aux résolutions prises pour répondre au thème et que d’ici 2063, nous atteignons les objectifs que nous nous sommes fixés », souligne-t-il. Au-delà, cette participation ouvre des portes. Elle peut renforcer la visibilité de l'archipel dans les réseaux institutionnels et professionnels du continent, faire connaître les réalités et les potentialités de son secteur culturel, et favoriser les échanges d'expériences en matière de gouvernance culturelle.
Autant d'occasions de tisser des partenariats avec des homologues africains, de mieux inscrire les patrimoines et les expressions artistiques comoriennes dans les dynamiques panafricaines, et de porter la question des territoires insulaires de l'océan Indien dans les politiques culturelles du continent. Pour le président de Kam'Art Culture, l'enjeu dépasse le cadre du sommet. Il s'agit de faire des Comores non pas une périphérie des dynamiques culturelles africaines, mais un acteur à part entière de la coopération culturelle du continent et de l'espace indien. Une étape de plus dans une démarche de fond : s'imposer dans les grands rendez-vous internationaux, développer les réseaux professionnels, et faire rayonner la richesse du patrimoine et de la création comorienne.
NAY
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