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des Comores

Arts plastiques : Issulahi Ahamada, l’art au-delà des frontières

Arts plastiques : Issulahi Ahamada, l’art au-delà des frontières © : HZK-LGDC

Vendue le 27 octobre dernier à un acheteur d’Iconi, à la galerie Zéro Cinq Projects & Gallery, à Moroni, l’œuvre « Au-delà des frontières », signée Nislam.Art, marque une étape importante dans le parcours d’Issulahi Ahamada. Originaire d’Itsandzeni, dans la région de Hamahamet, cet artiste peintre plasticien voit dans cette vente la concrétisation d’un rêve d’enfance et un signe encourageant pour l’avenir de l’art aux Comores.


Derrière « Au-delà des frontières », il y a une histoire de passion, de persévérance et de dépassement de soi. Vendue à 500 000 francs comoriens, cette œuvre d’Issulahi Ahamada, connu sous le nom d’artiste Nislam.Art, représente bien plus qu’une transaction commerciale. Pour son auteur, elle symbolise la reconnaissance de son travail et nourrit l’espoir de voir l’art occuper une place plus importante dans la société comorienne. À travers cette création, l’artiste explore les thèmes de l’émancipation, de la quête de sens et du dépassement des limites. Au cœur d’une structure cosmique, un astronaute semble s’élancer vers une étincelle de lumière. Une représentation qui traduit sa volonté d’affronter l’inconnu et de repousser ses propres frontières. « C’est l’idée de repousser mes propres barrières, de quitter ma zone de confort pour embrasser l’immensité de mes propres ambitions », explique-t-il.

Né à Itsandzeni, dans la région de Hamahamet, Issulahi Ahamada est diplômé de l’École nationale des beaux-arts du Sénégal, où il a obtenu un master 2 en arts plastiques. Il a également suivi une formation professionnelle en décoration moderne et en architecture d’intérieur. Son histoire avec l’art commence dès l’âge de dix ans. Alors que les autres enfants de son âge jouent aux billes, lui préfère s’enfermer dans sa chambre pour dessiner. Il cherche à reproduire chaque image et chaque photographie qui attire son regard. Au fil des années, la présence d’artistes comoriens dans son quartier éveille davantage sa curiosité et renforce son intérêt pour la peinture. C’est en 2017 qu’il se lance véritablement dans cette discipline, en autodidacte. La même année, il présente sa première exposition à l’Alliance française de Moroni. Après l’obtention de son baccalauréat, il part au Sénégal pour poursuivre ses études universitaires et se former professionnellement à l’École nationale des beaux-arts de Dakar.

Dans cette aventure, il souligne l’importance du soutien de ses proches. Il évoque notamment son oncle Mchangama Hamdani, aujourd’hui décédé, son père ainsi que son autre oncle, le poète, photographe et artiste calligraphe Elhad Abderemane Boinafoumou, connu sous le nom de Mab Elhad. Le parcours n’a toutefois pas été sans difficultés. Pour l’artiste, l’un des principaux obstacles a été de trouver les matériaux adaptés à son travail, tout en développant un style qui lui permette de se démarquer des autres créateurs. Malgré ces contraintes, il a poursuivi son chemin avec détermination. Avant même la vente de cette œuvre à 500 000 francs comoriens, il avait déjà réalisé l’un de ses plus grands rêves d’enfance : faire de sa passion une véritable voie d’expression artistique.

Cette vente vient renforcer sa confiance et sa conviction que l’art peut trouver sa place aux Comores. « Ce que cette vente de 500 000 FC a changé, c’est d’abord l’espoir. Le fait de savoir qu’un Comorien a acheté une œuvre d’art avec une somme pareille renforce ma confiance dans l’idée que, dans les années à venir, l’art aura aussi sa place ici, aux Comores », confie-t-il. Fier et heureux, Issulahi Ahamada entend également tirer profit de cette nouvelle étape pour investir dans sa prochaine exposition. Au-delà de la somme récoltée, cette vente constitue pour lui une marque de reconnaissance et un encouragement à poursuivre ses créations.

Aujourd’hui, il se considère comme un artiste en passe de réussir, capable de transformer ses pensées, ses émotions et ses rêves en images concrètes. Une manière de donner forme à son univers intérieur et de partager sa vision avec le public. L’ambition d’Issulahi Ahamada dépasse sa propre carrière. Il rêve de voir un jour une école d’art ouvrir ses portes aux Comores afin de faciliter la formation des jeunes passionnés et de leur offrir de meilleures conditions pour développer leur talent.

El-Aniou Fatima

 

 

 


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