Formée en Égypte, Karima Jaffar, alias Karida, a fondé Beaucor pour valoriser la beauté comorienne à travers des huiles et des plantes locales. Chaque crème est le fruit d’essais précis, d’une hygiène rigoureuse et d’un profond attachement aux traditions, récompensé par la confiance retrouvée des clientes.
Dans son atelier à Moroni, la fondatrice de Beaucor travaille au rythme des mélanges d’huiles, des poudres colorées et des gestes transmis depuis des générations. Chaque matin commence par l’inventaire des matières premières, la préparation des formules et un contrôle qualité minutieux avant le conditionnement. « Une journée type, c’est de l’organisation, de la fabrication et surtout beaucoup de soin apporté à chaque pot », explique-t-elle. Une inspiration ancestrale plutôt qu’un laboratoire froid. L’idée de Beaucor n’est pas née d’un simple rapport de tendances. Karima Jaffar précise que le projet trouve son origine dans une formation en esthétique suivie en Égypte, mais aussi dans une volonté forte de valoriser la beauté comorienne et orientale.
Le véritable déclic a été de redonner vie aux rituels de beauté transmis par les grand-mères : le curcuma, la poudre de santal, le girofle ou encore l’ylang-ylang. Ces ingrédients sont aujourd’hui proposés sous forme de soins destinés aux femmes, aux hommes et aux enfants, avec l’ambition de faire rayonner une beauté naturelle et authentique. « Mes produits sont des ponts entre le passé et le quotidien moderne », résume-t-elle. La fondatrice choisit méticuleusement chaque ingrédient comme un allié. Les huiles végétales, la poudre de santal ou encore le girofle constituent le cœur de ses formules. Ils séduisent autant par leur efficacité que par l’histoire qu’ils racontent : celle d’un héritage insulaire où la peau se soigne avec ce que la terre offre.
La créatrice prend le temps nécessaire pour trouver l’équilibre parfait entre texture et efficacité. La conservation reste toutefois l’étape la plus exigeante. « Chaque crème passe par plusieurs essais et des contrôles de toucher, d’odeur et de stabilité avant d’être validée », affirme-t-elle. Elle privilégie une fabrication propre et une conservation maîtrisée, sans mystère industriel. « Une hygiène stricte, des méthodes de formulation adaptées et des tests successifs garantissent que les soins restent stables sans sacrifier la qualité brute des ingrédients », explique-t-elle.
Dans le climat tropical de Moroni, la stabilité des produits constitue un défi permanent, relevé grâce à un travail patient de dosage et de vérification. Ce qui la motive avant tout, ce sont les mots des clientes. Son souvenir le plus marquant est celui d’une femme qui lui confie que sa peau va mieux et qu’elle se sent surtout plus confiante. « Ce genre de retour me motive énormément », dit-elle simplement. C’est ce lien direct entre l’atelier et la salle de bain, entre la tradition et les besoins de la peau d’aujourd’hui, qui façonne Beaucor : une marque petite par la taille, mais grande par la mémoire et l’héritage qu’elle transporte.
El-Aniou Fatima
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