Née Courachia Ahmed Idarousse, la native de Wani est une véritable passionnée de l'écriture. Après un Bac littéraire obtenu aux Comores, elle s’envole en France où elle fréquente l'université de Toulouse puis celle de Pau pour suivre des études de lettres et de langues.
Véritable polyglotte (Français, Allemand, Anglais, Espagnole), Coralie Frei ne pouvait échapper à son destin de femme de lettres eu égard de sa formation initiale. Au crépuscule de sa vie (71 ans), elle continue de vivre de sa passion et essaye d’organiser son emploi du temps sans trop de pression. « J’organise mon temps comme il me plait, entre l’entretien de ma maison, mon bien être corporel (et spirituel) et mes passe-temps ; l'écriture est l’un d’eux » pouvait-on lire dans son site internet dont nous avons fait une visite.
Première écrivaine Comorienne, elle en est déjà à trois romans dont deux autobiographiques (l’autre côté de l'océan et la Perle des Comores parus en 2010). Dans la Perle des Comores, elle dit qu’elle « refuse que mon pays, les Comores, soit les îles oubliées ». Elle décrit aussi les contradictions d’une société qui a du mal à se détacher des traditions ancestrales. Dans un passage du livre, il relate sa propre expérience effrayante avec un marabout. « Les yeux rougis et les lèvres tremblantes, il fut pris de soubresauts. Le paréo se détacha violement de sa taille et vola par-dessus ma tête, il se laissa choir au sol, bras en croix, jambes écartées, le sexe dresse sur son abdomen ». Malgré le temps qui passe, ces phrases sont plus que jamais d'actualité.
Si Coralie se pose en défenseure de la sacralité comorienne, elle n’en est pas moins une citoyenne du monde dont elle déclame dans "l'autre côte de l'océan tout son amour pour un universalisme décomplexé. « Pour moi, il était clair que je me sentais partout chez moi. Là où je serai, quand ma dernière heure arrivera, il se trouvera un ambassadeur de Dieu pour me bénir et recommander mon âme au seigneur », dit-elle.
Avec un diplôme d’infirmier d’Etat obtenu en France, Madame Frei a exercé pendant de nombreuses années aux Comores mais aussi en France où elle a été confrontée aux préjugés mais aussi au racisme dont font l’objet les étrangers en quête de travail lors d’une recherche d’emploi. « Tout le monde sait que les nègres sont des tricheurs, des magouilleurs, des menteurs et des voleurs ». Et de continuer : « Des parasites. Ils débarquent chez nous, mangent notre pain et respirent notre air, font une nichée de gamins et vivent au dos du bon contribuable français" lui assène celui qui assurait l’entretien d’embauche. Du haut de ses 71 ans, elle les aura le 12 octobre prochain, Madame FREI se trouve actuellement au pays jusqu’au 25 octobre, pour entre autres la présentation du deuxième livre de la présidente de la CNDHL dont elle a écrit la préface.
AS Badraoui
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