La Gazette

des Comores

Culture : Nourzade Ali, brodeuse de kandou contre la montre

Culture :  Nourzade Ali, brodeuse de kandou contre la montre © : HZK-LGDC

En plein mois de Ramadan, la brodeuse comorienne Nourzade Ali, redouble d’efforts pour honorer les nombreuses commandes de kandou passées en vue de l’Aïd El-Fitre. Entre responsabilités familiales, prières et travail artisanal, cette mère de famille s’active pour terminer jusqu’à une vingtaine de tenues traditionnelles avant le 27ᵉ jour du mois sacré, avec l’aide précieuse de son entourage.


Mère de famille et artisane, Nourzade Ali pratique la broderie traditionnelle du kandou, une tenue emblématique de la culture comorienne. Durant le mois de Ramadan, son activité devient à la fois plus intense et plus rentable, en raison de l’augmentation des commandes à l’approche de l’Aïd. « Les commandes en ce mois de Ramadan se multiplient encore plus que les autres mois et doivent être terminées avant le 27ᵉ jour », explique-t-elle. Le kandou est un habit traditionnel porté aux Comores aussi bien par les enfants que par les adultes. On le revêt lors des cérémonies de mariage, des funérailles, à la mosquée et même dans le monde professionnel. Il symbolise à la fois l’élégance vestimentaire et l’identité culturelle comorienne.

Durant le mois sacré, la brodeuse doit jongler entre ses responsabilités familiales et son travail artisanal. « Le Ramadan rend le travail rentable mais difficile. Je reçois beaucoup de commandes, notamment de belles-familles qui souhaitent offrir des cadeaux aux futurs mariés, ou de mamans qui commandent des kandou pour leurs petits garçons ou leurs époux. Le plus compliqué, c’est que toutes ces commandes doivent être terminées avant le 27ᵉ jour pour être portées le jour de l’Aïd », confie-t-elle. Pour tenir ce rythme soutenu, Nourzade Ali peut compter sur le soutien de son entourage. « Je peux avoir entre 15 et 20 kandou à terminer avant la fin du Ramadan. Ma famille m’aide beaucoup : elle s’occupe de mes enfants et surtout de la préparation du dîner d’iftar pour mon époux. Certaines amies viennent aussi me prêter main-forte pour les finitions », raconte-t-elle.

La confection d’un kandou demande patience et minutie. Selon la brodeuse, le processus comporte une dizaine d’étapes, dont certaines nécessitent l’intervention de deux ou trois personnes. Installée sur une natte dans son salon, elle travaille du matin au soir entourée de fils de différentes couleurs blanc, beige, doré ou argenté d’aiguilles de plusieurs tailles et de sacs en coton remplis de tissus. Autour d’elle, quelques kandou sont déjà terminés tandis que d’autres attendent encore leur dernière broderie. Le prix d’un kandou varie en fonction de la qualité du tissu et de la relation avec la cliente. « Les tissus ne sont pas tous les mêmes. Certains sont plus élégants et raffinés, d’autres plus simples. Le prix dépend donc de la qualité du tissu, mais aussi de la relation que j’ai avec la cliente. J’accorde souvent un tarif préférentiel à mes clientes fidèles », précise-t-elle. Malgré ce rythme soutenu, les moments de prière restent pour elle des instants de pause et de recueillement qui rythment sa journée de travail.

El-Aniou Fatima

 

 


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