Résister ! C’est la thématique du Festival d’Arts Contemporains Comoriens cette année. Et c’est le Groupe Scolaire Fundi Abdoulhamid qui ouvre les festivités avec une diffusion du film « Koungou » de Naftal Dylan et Mass Youssoupha. Une session poignante suivie d’un échange passionné entre Lydie Diakhate, réalisatrice et critique d’art, et les élèves en classe de Terminale de la série littéraire de cette école privée de Moroni qui n’en est pas à sa première participation au FACC.
« Il nous faudrait des heures pour parler de chaque aspect de ce film. C’était tellement d’émotions », confie Hourleine, 16 ans. Au Centre de Documentation et d’Information du GSFA, l’équipe du FACC a entamé sa première manifestation culturelle pour l’édition 2024 du Festival des Arts Contemporains Comoriens. « C’est toujours un plaisir de venir ici. Le cinéma est un vecteur essentiel de notre humanité, riche pour son apport culturel et économique. Aux Comores, il n’existe plus de cinéma. Et le FACC est l’occasion d’aller vers les jeunes, pour leur montrer ce qui se fait. Ils sont l’avenir et il est important qu’ils s’approprient et perpétuent cela », a déclaré Fatima Ousseni, avocate de profession et Présidente du FACC.
La programmation de cette 6e édition s’étend du lundi 18 au samedi 23 novembre avec du Cinéma, des conférences mais aussi des expositions au Palais du peuple et au Foyer des femmes de Moroni. « Cette année, les équipes sont encore plus diversifiées. Nous nous alignons dans la continuité de l’actualité mondiale comme la COP 29 où nous avons choisi de nous inscrire dans l’action, avec des ateliers liés au développement durable. Nous célèbrerons également le leadership féminin avec une exposition consacrée à la femme », explique Fatima Ousseni qui se réjouit d’apporter aux Comores, ces énergies créatrices et inspirées, issues de la région, mais aussi du Cameroun, de la Guyane, de la Guadeloupe ou encore du Congo. « Nous sommes heureux d’accueillir le monde chez nous ». Des profils et des supports variés et riches qui composent une fresque éclectique, colorée et complémentaire. Comme une réponse aux défis du quotidien, avec un message de résilience … et de résistance. C’est d’ailleurs la thématique du FACC 2024, mise en lumière à travers des films et documentaires proposés qui nous rassemblent et nous ressemblent.
« L’image est un moyen essentiel pour communiquer, pour avoir un regard sur le monde. Cette année, on a fait un focus sur les productions de l’Océan indien dans l’idée de favoriser les relations entre les iles notamment », explique Lydie Diakhite, engagée dans les cultures visuelles liées à l’Afrique et la diaspora africaine. « La magie du cinéma, c’est qu’elle permet de restituer l’Histoire et faire revivre des moments importants pour notre construction. Et il est important que les jeunes connaissent leur histoire ». C'est d'ailleurs ce qu'a offert le FACC lors de cette première journée culturelle, au GSFA, auprès des lycéens qui ont visionné le très poignant
« Koungou », un film qui retrace l’histoire de Hakim et Izak, deux lycéens qui luttent chaque jour, dans l’ombre des quartiers difficiles de Mayotte, pour échapper à un destin tracé par la violence. Un beau message d’espoir et de résilience. « On s’est retrouvé dans ces personnages par leur culture, leur histoire, leur façon de vivre. Et ça nous a fait du bien de découvrir cet autre aspect de notre histoire. Ça nous fait penser qu’on doit tracer notre propre voie tout en préservant nos valeurs communes », dira une élève. Mission accomplie pour le FACC qui aura soulevé des questions, des émotions et peut-être même... inspiré des vocations dans le domaine des arts et de la culture chez ces futurs bacheliers.
Sanaa CHOUZOUR
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