La Gazette

des Comores

Goulam : « J’ai vraiment hâte de retrouver ce public qui m’a donné de l’amour depuis le début »

Goulam : « J’ai vraiment hâte de retrouver ce public qui m’a donné de l’amour depuis le début » © : HZK-LGDC

L’artiste Goulam est à Moroni pour un show exceptionnel en 2 dates: Kalaweni et Golden Tulip, vendredi 28 et samedi 29 Juillet. Pour La Gazette des Comores, il s’est livré dans un entretien exclusif.


LGDC : Goulam, merci de nous accorder cette interview privée. Quels sont les aspects les plus gratifiants de se produire devant un public local ?

Goulam : Le retour à la maison, déjà. C’est le premier public qui m’a soutenu. Avant d’être un artiste international, j’étais d’abord un artiste comorien. Je chantais en comorien et je chante encore en comorien même si aujourd’hui je diversifie la langue pour toucher un public international. Et puis l’émotion de revenir au pays après plusieurs années. J’ai vraiment hâte de retrouver ce public qui m’a donné de l’amour depuis le début. Pour leur redonner justement cet amour.

LGDC : Est-ce que c’est une pression supplémentaire de jouer devant ses fans comoriens ?

Goulam : On ne va pas dire que c’est une pression... En tant qu’artiste, on a toujours un petit peu ce trac qui se transforme en énergie positive une fois sur scène, mais l’envie de bien faire plutôt. L’envie de bien chanter, de voir l’amour dans les yeux. Donc pas de pression en tant que tel.

LGDC : Est-ce que tu as un rituel particulier avant de monter sur scène ? Une invocation, une danse, des vocalises ?

Goulam : Oui ! Déjà les vocalises. Il y a quelques années, j’avais tendance à perdre ma voix après un concert donc j’avais un coach qui me préconisait de faire des exercices vocaux avant de monter sur scène. Ensuite, beaucoup de concentration. Je regarde le mur et fais le vide (rires). Et puis beaucoup d’eau et des prières, pour que tout se passe bien.

LGDC : Aujourd’hui mondialement connu, tu continues de glisser des couplets en shikomori, pour notre plus grand plaisir. Est-ce que c’est une volonté pour toi de valoriser ta langue maternelle et ta culture ou c’est quelque chose de spontané qui vient au feeling ?

Goulam : C’est quelque chose qui me tient à cœur. Je suis né et j’ai grandi ici jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat. J’ai donc la chance de bien parler notre langue. Il y a des choses que je ne peux pas exprimer en français et où le shikomori est plus parlant. C’est une très belle langue qui est issue du Swahili. C’est mon identité et c’est ce qui fait mon originalité sur le plan international. Ça donne une empreinte à mes chansons et surtout, j’en suis très fier. Il y a deux semaines j’étais en Guinée et je voyais tout le public guinéen chanter en comorien et ça m’a vraiment ému et rendu fier de mon pays et de ma langue. C’est très très beau et ça me donne encore plus envie de continuer.

LGDC : Quels sont tes projets et est-ce que tu prévois de collaborer avec des artistes locaux ?

Goulam : Tout à fait. Là je suis en tournée dans tout l’Océan indien jusqu’en Aout. J’ai également des projets avec des artistes comoriens. Avec la distance, ce n’est pas facile mais j’ai le souhait de venir plus souvent pour travailler avec d’autres artistes et j’espère que ça va pouvoir se faire très rapidement. 

 LGDC : La jeunesse comorienne te suit et écoute ta musique. Quel message aimerais-tu leur adresser à ces jeunes ?

Goulam : Je suis bien placé pour les comprendre et peut même me prendre en exemple, sans prétention aucune. J’ai eu la même vie qu’eux. J’ai grandi ici et je connais les difficultés. Si aujourd’hui j’ai réussi dans la musique, c’est parce que j’ai travaillé dur. La volonté, l’acharnement… ce sont toutes ces choses qui font qu’on peut tous évoluer dans le domaine de notre choix. Fixez-vous des objectifs, cherchez ce qui vous rend heureux et travaillez dur pour réussir. Moi on m’avait déconseillé la musique et redirigé vers l’informatique. J’ai suivi le cursus mais ma passion a pris le dessus et j’ai finalement décidé de m’y consacrer entièrement. Mon parcours en Informatique m’a quand même beaucoup aidé parce que j’ai pu développer d’autres aspects et créer mon entreprise. Donc si je devais leur donner un conseil, ça serait: ne lâchez pas de vue ce qui vous passionne et travailler dur pour réussir.

LGDC : Merci Goulam !

Goulam : Merci à vous.

Propos recueillis par S.Ch

 


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