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des Comores

Interview: Carpanin Marimoutou/Saindou Ben Ali « La littérature n'est pas la même littérature mais on partage quelque points »

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Interview: Carpanin Marimoutou/Saindou Ben Ali  « La littérature n'est pas la même littérature mais on partage quelque points » © : HZK-LGDC

La cérémonie d'ouverture du premier salon du livre a eu lieu lundi dernier à Moroni. Son objectif est de promouvoir la création littéraire de nos îles, d’œuvrer pour le rayonnement international de la littérature comorienne, de faire découvrir les littératures de l’Océan Indien et de favoriser les échanges entre les acteurs de la région. La Gazette des Comores / HZK-Presse a rencontré deux écrivains, Carpanin Marimoutou et Saindou Ben Ali qui ont accepté de répondre à quelques questions.


Question : L’archipel des Comores a lancé son premier salon du livre. Quelle observation faites-vous ?

Carpanin Marimoutou : Je suis très content de me retrouver à Moroni et cela va me permettre de rencontrer des écrivains de la région que je n'ai pas vus depuis longtemps. Ce premier salon à Moroni est quelque chose d'important et d'exceptionnel, surtout qu'il s'appelle Salon du Livre Comores-Océan Indien, car ça permet de nous inscrire tous dans cet espace de l’Océan Indien où on a tant de choses à partager, tant de choses en commun et surtout c'est toujours important de faire rencontrer les gens pour discuter, échanger et développer l'amour de la littérature et de la culture.

Saindou Ben Ali : Les Comores vivent très mal sa relation avec la chose culturelle, l’organisation de ce salon va permettre de faire prendre conscience aux jeunes et aux acteurs de la culture et de la valeur que présentent les objets de la culture. Donc ce qui fait que j'étais content à participer à ce premier salon du Livre et ça se passe sur place, je ne pouvais pas rater ce grand événement.

Question : Est-ce qu’aujourd'hui, on peut parler d'une identité de la littérature de l'Océan Indien ?

S.B : La définition de la littérature c'est quelque chose d'assez vague. Et parler d'une identité de la littérature de l'Océan Indien vous savez que cet espace de l'Océan Indien est composé d'une diversité de population et les productions littéraires sont aussi variées et on ne peut pas les assimiler à une identité ou en une forme.

C.M : Nous avons malgré tout une histoire commune. Nous partageons l'espace, la mer, l'océan même nous ignorons beaucoup. L'Océan Indien est un espace échange et de rencontre depuis trop longtemps et en particulier quelqu'un comme moi qui vient de La Réunion l'esclavagisme, l'engagisme et le colonialisme ont fait que des gens comme moi, on est relié par des mémoires des souvenirs, des imaginaires par la culture, des brigues de lange et des rites à toutes ces îles de l'Océan Indien comme Madagascar, les Comores en particulier qui étaient importants à la fois pour le peuple réunionnais et aussi pour la construction de la culture et du créole. J'étais frappé lors de l'ouverture de la danse et chants à tel point que ça résonnait avec ce qui se passe à la Réunion. Et je me dis qu'il y a un vrai programme de recherche à développer surtout l'apport non seulement musical mais aussi textuel au niveau des contes et de l'imaginaire des Comores à La Réunion. Je crois que c'est quelque chose qui est très important. Effectivement la littérature n'est pas la même littérature mais on partage quelques points communs.

Question : Quels conseils donneriez-vous aux organisateurs de ce premier salon du Livre Comores-Océan Indien ?

S.B : Il ne faut pas qu'on fasse dans nos habitudes. Nous devons à tout prix pérenniser cet événement. Ce n'est qu'un premier salon et ça ne peut avoir d'effet à long terme au niveau de la littérature et de la lecture au niveau des étudiants et des élèves que si c'est pérennisé et régulier. Je ne sais pas, une fois tous les deux ans, mais qu'il ne soit pas un coup unique. Ça doit être quelque chose qui perdure et on sera amené à se connecter nécessairement au salon du livre que ça se soit de La Réunion, Maurice, Madagascar ou bien les Seychelles.

 

Propos recueillis par Mohamed Youssouf

 


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