Né en 1982 aux Comores plus précisément à Mitsamiouli et installé en France après un drame personnel, l’écrivain Abdallah Zaki publie « L’Étranger : La France, notre devoir de respect ». Un ouvrage courageux qui place la responsabilité individuelle au cœur du pacte social. Portrait d’un homme pour qui l’intégration est une renaissance, pas un renoncement.
Parfois, c’est dans le silence de l’exil et le fracas de la perte que naissent les réflexions les plus lumineuses. Pour Abdallah Zaki, tout commence à Mitsamiouli, sur la pointe nord de la Grande Comore. De cette terre natale, il a gardé la pudeur et le sens de l’effort. Mais c’est en France, en 2022, que son destin prend une dimension littéraire et philosophique, après ce qu’il appelle un « tournant irréversible ». Le parcours d'Abdallah n'est pas un long fleuve tranquille. Formé à Fès puis en France, c’est un drame personnel aux Comores qui agit comme un déclic. Face à la douleur, l’écriture devient son remède. Selon lui, ce processus ne cherche pas à effacer la souffrance, mais à la transformer : « Elle m’a permis de passer d’une souffrance silencieuse à un récit structuré et partageable », confie-t-il. Pour l'auteur, l'écriture a ainsi offert une forme de « maîtrise » et la distance nécessaire pour entamer une reconstruction.
Là où beaucoup s’attardent sur les droits des nouveaux arrivants, Abdallah Zaki choisit un angle plus exigeant : celui du devoir. Pour lui, le débat actuel est déséquilibré. Il affirme sans détour : « On ne peut pas revendiquer des droits sans respecter les lois. » Selon son analyse, le respect du pays d’accueil n'est pas une idée abstraite, mais se niche dans les détails du quotidien et l’acceptation des codes sociaux. Pour lui, le travail, la discipline et l’effort sont des piliers indispensables car ils permettent de « créer des liens » et de « gagner en autonomie ». Il insiste sur le fait que l’étranger, loin d’être un simple bénéficiaire, a « un rôle actif à jouer dans la cohésion de la société d’accueil ». La couverture de son ouvrage est à son image : deux mains qui se superposent sans s'effacer. C'est sa définition visuelle de l'intégration. Selon lui, l'identité n'est pas un bloc figé : « Elle peut s’enrichir sans se renier. » Pour l'écrivain, il n'y a aucune contradiction à chérir ses racines de Mitsamiouli tout en embrassant la laïcité française. Il explique que l'essentiel est de savoir faire coexister ses racines avec les « exigences du pays d’accueil ».
Aux jeunes issus de l’immigration, Abdallah Zaki lance un appel à la dignité. Pour lui, s'intégrer ne signifie pas oublier qui l'on est, mais trouver un équilibre. Il les encourage à dépasser tout « esprit de revanche ou de ressentiment lié au passé ». Selon son regard, la fraternité et la cohésion sociale se traduisent par l'engagement et la solidarité. En conclusion, pour Abdallah Zaki, l'enjeu dépasse la question migratoire : le manque de respect mutuel est le défi majeur de toute notre société. Son livre se veut donc un pont, rappelant que « le respect est toujours réciproque » et qu'il reste le socle de toute vie collective réussie. « L’intégration repose sur le respect mutuel, l’effort personnel et la capacité à construire des ponts entre les cultures, sans jamais renier ses origines. »
Mohamed Ali Nasra
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