Adina célèbre ce week-end, ses 40 ans de carrière. Né d’un père musicien, l’artiste a fait ses premiers pas dans la musique à l’âge de 12 ans. Son premier album est sorti dans les années 80. Depuis, il en sortira d’autres et représentera ses Comores partout dans le monde. Rencontre avec le crooner de l’archipel.
Cheveux blancs, la démarche un peu oscillante, Adina n’a pourtant rien perdu de sa superbe. De son vrai nom Adinane Taachik, le chanteur, auteur, interprète et compositeur comorien a consacré quarante années à la musique, celle qu’il aime tant. Fils d’un grand chanteur, Adina fait ses premiers pas dans la musique à l’âge de 12 ans. C’est en voyant ses frères et ses cousins, eux aussi musiciens, répéter qu’il a ressenti le besoin de faire de la musique aussi.
« On était là, on regardait quand ils répétaient. Une fois qu’ils étaient partis, on reprenait le matos et on refaisait ce qu’ils faisaient. Et au fil du temps, on y a pris goût. Et je peux vous dire aujourd’hui qu’on a appris la musique sans le solfège (rires)», nous a confié l’artiste.
Malgré une formation en Comptabilité, Adina, qui a travaillé en tant que comptable dans de grandes sociétés, a décidé de se consacrer à sa passion. Tantôt pianiste, tantôt bassiste et même batteur, il fait partie de ses musiciens qui ont révolutionné la musique aux Comores vers les années 70 et 80.
Dans les années 60, avec une bande d’amis musiciens, ils créent BB Djin et Phoenix puis Blue Djin dans les années 70 et enfin Adina et Kart, (les enfants du Karthala).
« Les années 60-80, c’étaient les années des bals et des concerts », déclare Adina. En ces temps-là, les groupes de musique avaient la cote. Pour animer les fameux bals, on faisait appel aux groupes qui, toute la nuit durant, jouaient pour le plus grand bonheur du public.
Fort de son succès, Adina, qui va très vite s’imposer sur la scène avec son style groovy et sa voix de crooner, va sillonner la côte Est de l’Afrique. En 1986, il a été lauréat du concours organisé par l’Afrique Banque qui lui a offert ainsi son premier voyage à l’extérieur. Et les succès s’enchaineront. Le chanteur interprète de « Voyage à Mayotte », « Zine Nggoma » ou encore « Pipo » a assisté au 19e festival du Québec, et à plusieurs autres évènements notamment au Congo Brazzaville au FESPAM, en Côte d’Ivoire, en Afrique du sud, en Ouganda. En 2015, il représente les Comores dans une exposition en Italie.
« J’avais un grand travail et je gagnais bien ma vie. Mais ma vraie passion était la musique. Je me suis concentré et focalisé sur ma passion et je ne le regrette pas », avance ce père de quatre enfants. Artiste engagé, Adina totalise aujourd’hui sept albums. Son premier album « Chaima » est sorti dans les années 80.
Actuellement, il prépare la sortie de son 8e album. Chanteur réputé de l’archipel, ce pianiste est fin danseur. Son rêve serait d’aller à Cuba ou bien au Brésil pour, dit-il, « danser la Salsa ».
En 2009, Adina a de graves problèmes de santé ; il fait un accident vasculaire cérébral (AVC). « J’avais perdu l’espoir de jouer de la guitare », nous a-t-il confié. Un chapitre sombre de sa vie qui ne l’a pas découragé pour autant. Alors qu’il se bat pour retrouver une vie normale, son ami musicien Abdallah Chihabi a à son égard un geste qui le touchera beaucoup : « Abdallah Chihabi m’a apporté une guitare pour ma rééducation. Je ne le remercierai jamais assez. Il m’a redonné une seconde vie dans la musique», dit-il.
Ce samedi, l’artiste fête ses 40 ans de carrière. Il promet un show exceptionnel. « Je vais plonger le public dans la musique des années 80. Ils s’y verront, c’est sûr !», lance l’artiste.
Mohamed Youssouf
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