La Gazette

des Comores

Patrimoine Farid Rachad : « Ma seule préoccupation est de revaloriser nos mœurs et traditions»

Patrimoine Farid Rachad : « Ma seule préoccupation est de revaloriser nos mœurs et traditions» © : HZK-LGDC

Farid Rachad est le directeur régional de la culture de Ndzouani. Et depuis le début de la crise sanitaire, il s’est donné corps et âme pour que le secteur reste actif. Et son souhait est de passer sa retraite en étant un réputé consultant dans le monde du bénévolat. Interview.


Question : Parlez nous de votre enfance culturelle ?

Farid Rachad : Dés le bas âge, je me suis trouvé dans le milieu culturel. A 11 ans, je suis chanteur principal de Kassudat au sein de Madrassat Suidk Al Islamiya. Adolescent, j’ai parcouru l’île d’Anjouan avec mon talent d’enfance, chanteur à l’occasion des festivités des mariages et des activités culturelles et traditionnelles. J’ai fait de l’Alliance Franco-Comorienne de Mutsamudu, une de mes maisons depuis. J’ai débuté mes pas sur scène à l’occasion des spectacles théâtraux scolaires et j’ai toujours occupé le rôle principal par volonté et choix de nos responsables.

Nous avons créé, la Troupe Théâtrale « Les belles étoiles », avec comme pièce écrit et mise en scène par la troupe « Le mari digne de toi » dont j’ai eu le premier rôle et cela pour toutes les autres pièces que la troupe a  jouées. Nous avons sillonné les iles par des spectacles, au milieu de ce parcours scolaire, éducatif et artistique, Thierry Amelineau (ancien professeur de français au lycée) a suivi nos actions avec l’autre troupe de théâtre de Mutsamudu « Les affamés du théâtre ». Nous avons crée le JTAC (Jeunes Théâtre amateurs comoriens) qui est né avec la pièce historique  titrée « La citée superbe ».

Question : En tant que directeur régional de la culture à Anjouan, quelles sont vos réalisations en cette période de Covid-19 ?

F.R. : La COVID-19 a mis en veilleuse toutes sortes d’activités. Je suis entre confinement et mesures barrières stricts. J’ai continué à travailler en qualité d’acteur culturel et j’ai organisé de petites activités comme des ateliers, semaines culturels, tournées et enquêtes artistiques.

Question : Quelles sont tes impressions en tant que directeur de la culture suite à l'ouverture des activités culturelles ?

F.R. : Nous avons mise en place un PTA au sein de la direction régionale de la culture et chaque année, nous espérons le respecter. Et dès la relance des activités, on va reprendre nos activités et faire la promotion socioculturelle pour le bien être des passionnés et fans de la culture et du patrimoine.

Question : Quels sont vos projets pour une nouvelle  dynamique après Covid-19 ?

F.R. : Ma seule préoccupation et ambition est de revaloriser, donner une vision riche et fructueuse à nos mœurs et traditions qui nous lient depuis. J’ai le rêve de réaliser un projet gigantesque qui renferme des grands thèmes socioculturels, un projet que j’ai mis en place depuis 2017 et que je cherche encore un financement pour le réaliser. Mais optimiste que je suis, je compte et prie qu’un jour proche je vais pouvoir le faire. « Saveur des îles de l’Océan Indien » comme je l’appelle, il y aura la danse traditionnelle, le chant, le culinaire, l’art en général et les résidences.

Question : De par votre expérience, quelle lecture faites vous sur  l'avenir de la culture ?

F.R. : Je suis né homme de culture, je le suis encore et j’en mourais avec. La renaissance et le déterrement de la diversité culturelle de l’île reste le seul avenir pour le développement socioculturel et patrimonial de notre pays. Faire renaitre et revaloriser nos mœurs et traditions. Il va permettre aux générations présentes et futures de vivre le passé, le chérir et le léguer et le transmettre. En un mot, le patrimoine immatériel et matériel reste la seule richesse sacrée de tout ce que nous avons vécu, et du futur.

Question : Le Théâtre Ngomé vient de fêter ses 18 Ans, peux tu nous en dire plus ?

F.R. : Le 10 janvier 2003 est créé le Théâtre Ngomé dans les locaux de l’Alliance française de Mutsamudu et hébergé au même lieu à ce jour. Des adolescents de 8 à 11 ans se sont inscrits avec l’autorisation  parentale. L'écho de l'éducation chez Théâtre Ngome donne beaucoup de confiance aux parents. Le Théâtre Ngomé a parcouru et sillonné depuis les 3 îles de l’Archipel des Comores par des spectacles et des résidences avec des associations partenaires des îles mais aussi de la région et de l’international (l’île de la réunion et la France métropolitaine). Elle a bénéficié de plusieurs formations en initiation scénique et particulièrement du Théâtre en lui-même (contemporain, statut, invisible etc.…). Entre ses adhérents depuis sa création, nous comptons aujourd’hui des médecins, des artistes professionnels, des sages femmes d’Etat, des autorités militaires, des journalistes, des ingénieurs et j’en passe. Le Théâtre Ngomé a pris part à plusieurs CJOI et des JIOI (2008 aux Seychelles, 2010 à l’île de la Réunion, 2012 aux Comores, 2018 à Djibouti et 2019 à l’île Maurice). Ce dernier reste ambassadeur des jeux des îles de l’océan Indien et patrimoine culturel artistique. Il est le seul groupe actif et en exercice de ses activités dans les 3 îles et à Anjouan en particulier.

Question : Pour le Collectif du Patrimoine des Comores, qui est Farid Rachad en action et initiatives ?

F.R. : Je suis membre fondateur de l’antenne du CPC à Anjouan. En 2008, j’ai organisé la venue en études et en résidences de travail des jeunes Universitaires de l’Ile en France. Je reste disponible et volontaire aux différents chantiers de réhabilitation et restauration de nos sites à Anjouan et j’ai assuré plusieurs postes au sein de ces chantiers avec bravoure et assurance.

Question : Un dernier mot

F.R. : Je veux passer ma retraite en étant un réputé consultant dans le monde du bénévolat patrimonial, artistique et culturel.

Propos recueillis par NJ

 


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