Après une première expérience, le Pica Festival signe son retour. Pendant une semaine, du 26 au 31 octobre, la médina de Moroni accueillera ce rendez-vous consacré à la photographie contemporaine. Cette deuxième édition qui a officiellement été lancée lundi 26 octobre dans l’après-midi en présence du maire de Moroni, Omar Mohamed, de notables, d'artistes et de nombreux passionnés de culture mise sur l’occupation des lieux de vie et du patrimoine pour faire dialoguer les œuvres avec les habitants selon les organisateurs.
Le vernissage des expositions a marqué le coup d'envoi d'une semaine d'activités consacrées à la photographie comorienne et à celle de l'océan Indien. Organisé par Seaview Network en partenariat avec des amis photographes et des invités de la région, le festival entend faire de la photographie un outil de valorisation du patrimoine et de dialogue entre les peuples de l’Océan indien. Prenant la parole à l'ouverture, Farouk Djamily, membre de Seaview Network et cofondateur du festival, a rappelé la philosophie du projet. « Le but est de mettre en valeur la photographie, la culture comorienne et celle de l'océan Indien », a-t-il déclaré avant de dévoiler le thème de cette édition consacré aux pratiques culturels aux Comores et dans l'espace indianocéanique. De son côté, Ali Ahmed Mahamoud, directeur du Pica Festival, est revenu sur les motivations qui ont conduit à la création de cet événement.
Pour lui, le festival est né de la volonté de donner davantage de visibilité aux artistes visuels et de rapprocher les œuvres du public en investissant les espaces de vie de la médina. Le responsable n'a toutefois pas caché sa déception face au manque de soutien institutionnel dont bénéficie le secteur culturel. « L'art n'a jamais d'appui, ou très peu », a-t-il regretté devant l'assistance. Évoquant le ministère de la culture, il a dénoncé une absence d'accompagnement depuis la première édition du festival. « Ils sont inexistants, aux abonnés absents depuis la première édition, et c'est dommage quand on parle de l'inscription de la médina au patrimoine mondial de l'UNESCO », a-t-il déclaré. Malgré ces difficultés, Ali Ahmed Mahamoud a tenu à saluer les partenaires qui ont soutenu l'initiative, notamment la mairie de Moroni ainsi que plusieurs associations engagées dans la préservation du patrimoine historique. Il a particulièrement remercié le département de la Réunion, l'Iconothèque Historique de l’Océan Indien et l'association Moroni Wiratha pour son implication dans la sauvegarde de la médina. « Je les remercie encore pour leur engagement en faveur de la préservation de la médina », a-t-il souligné.
Au nom de la mairie de Moroni, Akim Said Mshangama, conseiller chargé de la culture, a réaffirmé l'engagement de la municipalité à accompagner les initiatives favorisant la culture, l'art et la cohésion sociale. Il a ensuite procédé au lancement officiel de la visite des expositions, précédée d'un défilé de mode. Pour cette édition, sept sites de la médina ont été transformées en galeries d'exposition, certaines de manière éphémère, d'autres avec l'ambition de devenir des espaces culturels permanents. Les visiteurs peuvent y découvrir les œuvres de neuf photographes locaux et de la région océan indien ainsi que les créations de deux réalisateurs de film documentaire invités.
La première journée s'est poursuivie au CASM. À partir de 20 heures, les femmes étaient mises à l'honneur à travers une conférence animée par la réalisatrice de documentaires et photographe malgache Felana Rajaonarivelo. Intitulée « Femmes et l'objectif », la rencontre a exploré l'impact, les représentations et l'évolution de la place des femmes dans les sociétés de l'océan Indien à travers le regard photographique. Jusqu'au 31 octobre, expositions, ateliers, projections cinématographiques et rencontres artistiques donneront vie aux différents espaces de la médina.
Aticki Ahmed Ismael
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