La Gazette

des Comores

Regards croisés entre chantournage et l’art contemporain

Regards croisés entre chantournage et l’art contemporain © : HZK-LGDC

Une galerie d'exposition a eu lieu les 2 et 3 février dans un hôtel à Moroni. L'exposition se concentrait sur la combinaison entre chantournage et l’art contemporain. Enfants et adultes ont répondu présent à cet événement artistique. Sous la tutelle de Zainou El Abidine Ali, artiste, plasticien, sculpteur, la cérémonie s'est bien déroulée.


Zainou El Abidine Ali a exposé un travail artistique sur le thème "Regards croisés" entre chantournage et l’art contemporain, les 2 et 3 février derniers. L'artiste a débuté ce travail artistique depuis son enfance et en 2011, il a franchi le cap professionnel. En 2013, il a façonné sa première œuvre d'art. « J'ai commencé à faire de l'art lorsque j'étais petit. En 2011, je suis entré dans le monde professionnel. J'ai passé cinq ans en Égypte, c'est dans ce pays que j'ai appris le chantournage. Je faisais l'école et l'apprentissage du chantournage. En 2013, j'ai réalisé ma première œuvre d'art », se souvient-il. Le chantournage, c'est combiner la technique traditionnelle (découpage/sculpture du bois) avec des éléments, des concepts ou des styles de l'art contemporain (abstrait, installations, etc.). Au centre de la salle, une table recouverte d'un tissu noir exposait diverses œuvres d'art en bois réalisées par chantournage. On y voyait un portrait en bois découpé avec un cadre rouge au premier plan, plusieurs sculptures et objets décoratifs en bois sculpté et découpé (motifs complexes, formes géométriques). De plus, un modèle de cœur rouge et bleu posé sur une petite table en bois, un chevalet en bois vide au centre.

 

Sur le mur de la salle de l'exposition, des œuvres d'art présentaient des peintures mixtes qui explorent le thème de la technologie et de la culture africaine. D'autres portraits en noir et blanc des présidents comoriens et de l'Afrique décoraient le mur. À l'est de la salle, une image montrait une main tenant un circuit électronique doré, avec des silhouettes de personnes en vêtements traditionnels africains en arrière-plan. L'effet de lumière soulignait l'interaction entre la technologie moderne et le patrimoine culturel. Une autre œuvre représentait un visage humain dont la moitié est composée de composants électroniques (circuits imprimés, fils, etc.) intégrés dans un paysage désertique. L'arrière-plan montrait des éléments de drapeaux français et américain.

 

Le plasticien a expliqué qu'il travaille avec du bois et aussi avec des matières de plastique. « Pendant la période de fête de mariage, je sollicite les familles en fête de me fournir les bouteilles d'eau minérales et toutes sortes de plastique. Et je les redonne vie en les transformant en œuvre d'art », a-t-il indiqué. Le sculpteur a avoué que son travail est une thérapie qui l'aide à oublier les difficultés qui l'ont vaincu dans sa vie. « Autrefois, j'avais une galerie sur un terrain familial. Suite à des conflits familiaux, ma galerie fut fermée par ordre judiciaire. Ça été un cauchemar, de voir des années de sacrifices partir en ruine. Jusqu'à présent cela reste un cauchemar. Et peindre me soulage. C'est une thérapie. Quand je tiens mon pinceau, j'oublie tout. Le salon de ma femme est devenu une galerie d'art. Il arrive de me réveiller à 2h du matin et à me mettre à peindre. Mon épouse me comprend et me soutient », a-t-il conclu.  Izak Azhare, un garçon de six ans, a assisté à l'exposition. Il a déclaré : « Je suis très content. J'aime l'image de la main avec des fils électriques. Elle est faite avec du bois et des canettes de boissons. Je m'aimerai bien l'avoir ». Reste à savoir si ses vœux seront exaucés.

 

El-Aniou Fatima

 


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