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Baie de Kalaweni, « un site à surveiller »

Baie de Kalaweni, « un site à surveiller » © : HZK-LGDC

Un corps sans vie a été retrouvé non loin de la baie de Kalaweni en début de semaine. Si les circonstances du drame restent à démêler, cette découverte tragique jette une ombre sur les efforts citoyens de réhabilitation et relance le débat sur la sécurisation des lieux.


Depuis décembre 2025, le collectif des jeunes de Moroni Mtsangani et Badjanani se sont mobilisés pour redonner à l’ancien port de Kalaweni une nouvelle image. Lieu de mémoire historique et de détente, ils ont dégagé les épaves, assaini les rebords et sensibilisé les riverains. Soutenus par plusieurs institutions publiques et des opérateurs privés, les activités se poursuivent tous les weekends. Mais l’absence de dispositifs de sécurité rend ces efforts un peu vulnérables. En effet, en début de cette semaine, un corps sans vie a été retrouvé non loin de là, dans une zone remblayée lors d’une promesse de création d'un port de plaisance qui n'a pas abouti et souvent associée à l'ère de l'ancien président Sambi.

 

« Il faut un plan d’urgence, avec des décisions fortes et une implication collective. Cette tragédie renforce l’urgence d’une sécurisation concrète et durable du site, » nous fait comprendre un citoyen trouvé sur place. « Ce qui s’est passé est grave, et ça aurait pu être évité si la zone était surveillée », estime Omar Mchangama, commerçant à Mtsangani. Il plaide pour une présence régulière de patrouilles municipales, appuyées par les forces de la gendarmerie, notamment aux abords des zones isolées nommées « piscine ». Selon lui, « il faut que les autorités municipales montrent qu’elles prennent la situation au sérieux, sinon les efforts des jeunes seront vains ».

 

Pour l’un des responsables du collectif des jeunes, Oustadh Bahaoudine Said Abdallah, les jeunes ont montré qu’ils peuvent transformer l’espace, mais la sécurisation dépasse leurs seules forces. « Nous faisons notre part chaque weekend, mais il faut maintenant que d’autres mains nous accompagnent. La zone ne peut pas être laissée sans surveillance, surtout après ce qui vient de se passer », explique-t-il. Il appelle à la mise en place d’un dispositif permanent associant mairie et comités des jeunes des deux quartiers de Mtsangani et Badjanani, afin de protéger les zones et prévenir les dérives. Pour Oustadh Bahaoudine, « nous avons fréquenté avec nos mamans le Kalaweni-Hayani-Kobeya sans inquiétude pendant des années. Maintenant, sans sécurité, tous nos efforts risquent de s’effondrer ».

 

Au-delà de la sécurisation, les riverains estiment que Kalaweni-Hayani-Kobeya peut devenir un espace vivant, animé par des activités de loisirs permanentes et modernes, comme on en trouve dans plusieurs capitales du monde. Concerts en plein air, parcs, espaces de jeux, de sport et de détente, cafés, marché artisanal et autres infrastructures de promenades pourraient transformer la baie en un lieu attractif et convivial, ouvert à toutes les générations et touristes.  « Nous voulons que l’espace soit un lieu où l’on vient se divertir, se cultiver et respirer, pas seulement un site nettoyé pour la baignade », souligne une habitante de Mtsangani qui détient un café pas loin du site. L’idée est de faire de ce patrimoine historique un véritable axe urbain, capable de soutenir l’image de Moroni comme capitale courtoise et moderne, tout en préservant son identité.

 

Par Aticki Ahmed Ismael (stagiaire)

 


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