À l’occasion du Cinquantenaire de l’Indépendance, l’association Kam’Art Culture, en partenariat avec le gouvernement, a lancé le tout premier concours national de danses traditionnelles intitulé « Une Nation, Mille Danses ». Ce projet inédit, étalé sur plusieurs semaines à travers les 4 îles de l’Union, a su rassembler le pays autour de son patrimoine immatériel, mettant en lumière la diversité et la richesse des danses comoriennes.
Clôturée le dimanche 2 novembre, cette première édition a connu un véritable succès populaire. Rahim El Had Ahamada, président de Kam’Art Culture, se dit « extrêmement satisfait » du bilan. Selon lui, le concours a permis de fédérer les troupes des quatre îles autour d’un même objectif : valoriser, documenter et transmettre les danses traditionnelles comoriennes. L’événement a également suscité un fort engouement sur les réseaux sociaux et dans les régions, ravivant la fierté nationale et démontrant que la culture peut être un puissant levier d’unité et de développement. À travers les émissions télévisées hebdomadaires « Dakika Za Ngoma » et les rubriques « Dakika zaki utamaduni », les spectateurs ont pu découvrir la richesse du patrimoine chorégraphique comorien. Chaque troupe a présenté son identité à travers des rythmes, costumes et instruments spécifiques, révélant la pluralité culturelle du pays. Ce travail de médiation a permis d’expliquer la symbolique et l’origine de chaque danse, contribuant ainsi à préserver ce patrimoine immatériel pour les générations futures.
Le président de Kam’Art souligne également la collaboration constructive entre son association et le gouvernement. La présence du chef de l’État lors du lancement à Fomboni (Mwali) et à la grande finale à Domoni (Ndzouani) a témoigné d’un engagement politique fort en faveur de la culture nationale. Ce partenariat public-culturel a donné une dimension institutionnelle au projet et renforcé sa crédibilité. L’organisation d’un concours d’une telle ampleur n’a toutefois pas été sans difficultés. Rahim évoque les défis logistiques inter-insulaires liés au transport maritime et à l’hébergement, ainsi que la coordination serrée des phases régionales. Mais grâce à la détermination des équipes et au soutien des partenaires, ces obstacles ont été surmontés dans un esprit de solidarité et de créativité.
Selon les organisateurs, l’événement aurait attiré environ 8 000 spectateurs durant les différentes phases régionales, tandis que la finale à Domoni aurait réuni plus de 3 000 personnes. Sur le plan numérique, les diffusions télévisées et en ligne auraient cumulé plus de 150 000 vues, témoignant d’un intérêt exceptionnel du public pour ce projet culturel. Fort de ce succès, Kam’Art Culture prévoit déjà une deuxième édition. Parmi les améliorations envisagées figurent une meilleure planification logistique, un renforcement de la formation des troupes, l’introduction d’un prix spécial dédié à la recherche et à la transmission du patrimoine, ainsi qu’une collaboration accrue avec les médias et les établissements scolaires. Pour Rahim, cette première édition n’est qu’un début : « Nous avons ouvert une voie, celle d’une célébration durable de l’identité comorienne à travers nos danses, nos traditions et notre unité nationale. » Par cette initiative, Kam’Art Culture et ses partenaires inscrivent durablement la danse au cœur de la construction culturelle et identitaire des Comores.
Mohamed Ali Nasra
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC