La Gazette

des Comores

« Le rocher du diamant, rencontre avec mes ancêtres » de Karima Sandia Boina

« Le rocher du diamant, rencontre avec mes ancêtres » de Karima Sandia Boina © : HZK-LGDC

La militante d’origine comorienne Karima Sandia Boina, emmène ses lecteurs dans sa « rencontre avec mes ancêtres », un livre autobiographique en phase d’écriture.


C’est un roman en phase de préparation dont on s’est fait l’écho. L’auteure, la militante comorienne Karima Sandia Boina basée en Suisse, y inclut sans parcimonie des évènements apparentant à sa propre vie. « Le rocher du Diamant, rencontre avec mes ancêtres », tel est le titre que l’auteure a donné à son projet. La petite île inhabitée est située dans la mer des Caraïbes au sud-ouest de la Martinique, à deux kilomètres environ de la pointe du Diamant, dans le canal de Sainte-Lucie. A travers ce projet, Karima tente de faire voyager ses lecteurs.  A juste 4 jours passés dans cette magnifique île de la Martinique, elle fait partager des bons moments. « Ma rencontre avec cet îlot fut un moment magique. J’y ai vécu une belle aventure et je peux affirmer avec certitude que les voyages sont de grandes écoles de la vie », affirme-t-elle.

 

Éprise par le déjà-vécu, d’une grande émotion, de la réalité à l’irrationnelle, et beaucoup d’interrogation, la future romancière Karima parle carrément d’une renaissance. « Je ressentis très fortement une présence et même des vibrations et, ce fut certainement, dans ce lieu mythique que j’eus ma première et seule connexion avec mes ancêtres Makongos, dans ce berceau aux multiples parfums exotiques qui a marqué mes racines de femme des îles africaines venant d’ici et d’ailleurs. En état de béatitude, je suis convaincue d’avoir perçu la présence de mes ancêtres que j’appellerai les anciens. Nous sommes même entrés en communication. Je les ai vus auréolés de lumière et           je les ai ressentis dotés de belles âmes. Ils m’ont      fait savoir que leurs esprits n’étaient toujours pas en paix. Leurs âmes semblaient torturées. Leurs témoignages sur leur vécu et le lien avec notre histoire étaient poignants. Ils m’ont rappelée mes origines et d’où je venais, moi la fille du soleil qui vit dans un pays hivernal ».

 

Au-delà de ce voyage, l’humaniste Karima affirme avoir retrouvé ses traces, des sons, des chants, le monde paradisiaque de l’Afrique. « J’entendis des sons, de plus en plus amples et intenses émanant de plusieurs instruments de musiques africains concordantes, flute des Mornes, cha cha Ka, tambours et notamment, le Tambou Bèlè accompagnés de petites voix chantonnant des paroles comme vers épiques. Ces instants m’ont ramenée autour des feux de bois de mon enfance,         animés par les danses réalisées par les miens. Hypnotisée, j’étais transportée dans ce monde magique. C’était extraordinaire. Cette connexion avec mes anciens était transcendante ». Comme le souligne l’auteure, on est dans « un monde irrationnel   qui devient rationnel ».

 

« Ces échos m’ont transportée dans un état de flottaison où la partie « immergée », surnaturelle, se séparait de la partie « émergeante », réelle et concrète. Dans le feu de l’action, j’ai entendu mes anciens me souffler à mi-voix que les séquelles des châtiments corporels qu’ils avaient endurés étaient toujours présentes et extrêmement douloureuses. Ils me disaient que rien ne s’arrangeait entre nos deux mondes et que ce qui nous a paru acquis par les combats menés autrefois était en réalité toujours en    suspens et enfoui dans les ténèbres ».

 

Andjouza Abouheir

 

 


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