Deux ans après sa rupture avec le président Azali Assoumane, l’ancien secrétaire général du parti au pouvoir Hamidou Karihila vient de présenter son 6ème livre à M'bėni la semaine dernière. Le livre parle des relations du président Azali et de Karihila de 1999 jusqu’à la rupture des relations en 2018.
En 19 ans de relation politique entre Azali Assoumani et Hamidou Karihila, ce dernier trouve judicieux de laisser des traces. Dr Karihila a choisi d’immortaliser une partie de cette période pour dit il, que cela soit une leçon pour les générations futures, mais aussi pour laisser son testament. Et c’est par cette occasion qu’il a sorti son sixième livre intitulé « Quand j'étais ami du président Azali ». Composé de trois grands chapitres, l’ouvrage parle des relations des 7 ans de pouvoir du président Azali sous son premier mandat (1999-2006), ses dix années de traversée du désert avec Azali dans l'opposition, et ses deux ans avec Azali pour son deuxième mandat. « Ma relation avec mon ami, le président Azali Assoumani, remonte à 1999, au lendemain du renversement, par l'armée du président comorien par intérim, Tadjiddine Ben Said Massoud (1998-1999) », se rappelle-t-il.
Il se rappelle de quelques conversations avec Azali qui était en ce moment « putschiste ». « Je veux que tu m’aide pour certains pays dont l'Arabie Saoudite pour qu’ils acceptent le changement » se souvient-il avant de poursuivre : « dès ce moment, je me suis battu corps et âme financièrement et moralement pour que le régime soit validé par, non seulement les pays du Golf dont j’ai présenté les Comores en tant qu'ambassadeur extraordinaire et résident au Royaume d'Arabie Saoudite, et en même temps, auprès de l'Organisation de la Conférence islamique, actuellement connue sous le nom d'Organisation de la coopération islamique, et qui compte 56 pays parmi ses membres. Grâce à moi et Souef Mohamed Elamine, le président Azali a été invité en tant que chef de l’Etat à l’Assemblée générale de l'organisation panafricaine de l’ANC en 1999 ».
L’ancien ambassadeur a montré qu’il a servi son pays politiquement, diplomatiquement, socialement et humainement. « Tout cela a renforcé mes relations fonctionnelles, intimes et partisanes par excellence avec le président Azali. Et grâce à cette relation, j'ai pu contribuer à la consolidation de son pouvoir et à la réconciliation nationale avec l'Accord de Fomboni en obtenant le soutien des gouvernements et des institutions de ces pays et en œuvrant à l'amélioration de nos relations communes afin de les promouvoir au plus haut niveau ainsi qu'à son retour au pouvoir en 2016 », dit-il.
L’ancien secrétaire d’Etat en charge du monde arabe atteste qu'après le départ du président Azali en 2006, il lui est resté fidèle, préservant le travail acharné et diligent, sous son ombre et sous sa direction, pour promouvoir sa personnalité auprès de l'opinion publique arabe par le biais de certains canaux officiels dans des pays amis. « A cela s'ajoute mon implication active dans son parti, le sauvant des crises et en l'orientant vers une vie politique globale dans l'ensemble de nos trois iles indépendantes. Après que je sois devenu secrétaire général du parti, cela a contribué à surmonter les difficultés et les obstacles et à faciliter son retour à Beit-Salam, grâce a des élections libres, justes et honorables pour le parti, dont tout le monde peut en témoigner », avance l’auteur du livre « Les efforts du Royaume d'Arabie Saoudite pour soutenir le développement global aux Comores 2005 ».
La sensation est venue lorsqu’il parlait de sa rupture avec son ami Azali. « Dès que le président ami est retourné au pouvoir, au nom de notre parti que je dirigeais, et avec nos efforts conjoints, puis en alliance plus tard avec l'ex-président Sambi et de son parti Juwa, il s'est retourné contre moi, comme si je n'avais rien apporté à sa victoire et son retour à Beit-Salam et comme si je n'y avais aucun intérêt », annonce-t-il. Et d’ajouter : « il m'a éloigné complètement des coulisses du pouvoir, concentrant le pouvoir autour de lui et sa famille ». Face à cette situation, M. Karihila a décidé de sauver la face et quitter le parti au pouvoir. « J'ai démissionné du parti et j'ai retiré la confiance que j'accordais jadis à mon ami qui m'infligeait désormais l'amertume de la trahison, la tristesse de la marginalisation et l'étouffement de l'humiliation », conclut-il.
Ibnou M. Abdou
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