La Gazette

des Comores

“Le dernier voyage de Maïssara”, cette vie valait la peine d’être narrée, c’est sa plus belle histoire d’amour

“Le dernier voyage de Maïssara”, cette vie valait la peine d’être narrée, c’est sa plus belle histoire d’amour © : HZK-LGDC

Mohamed Abdulhamid est un ancien ministre d’État chargé du développement rural, de la pêche, de l’environnement et de l’artisanat. Il a occupé la fonction de proviseur au lycée Saïd Mohamed cheikh de Moroni, ensuite, il est devenu tour à tour, directeur de l’office des examens et concours, directeur général des enseignements du primaire à la terminale. En 2016, il nommé directeur de cabinet du gouvernorat de Ngazidja jusqu’en avril 2017, date à laquelle il a remis sa démission afin de pouvoir assister sa femme malade et hospitalisée en Afrique du Sud. Actuellement je suis enseignant-chercheur à l’université des Comores. Avec « le dernier voyage de Maïssara », il signe son premier livre. Une vocation qu’il souhaite, désormais, faire un métier.


La Gazette des Comores: Mohamed Abdulhamide, vous venez de sortir un livre intitulé “Le dernier voyage de Maïssara”.Nous savons que ce livre fait suite à la disparition de votre épouse mais pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Mohamed Abdulhamide : Ce livre a été écrit non seulement pour rendre hommage à la femme et à la mère qu’elle incarnait admirablement bien, mais également pour rappeler à la communauté comorienne et onusienne, ce qu’elle représentait pour moi, mes enfants, sa famille et son pays. Madame Maissara que la presse avait surnommée l’avocate de la santé était très investie dans son métier de technicienne supérieure à l’OMS. Son statut et ses diverses missions à travers le pays l’avaient rapprochée des médias et de la population. Ses combats quotidiens pour améliorer la santé des gens aux Comores l’avaient rendue également accessible, et de cette façon, elle était appréciée à sa juste valeur, par beaucoup de personnes.

 

LGDC : Vous êtes enseignant de profession, votre démarche a-t-elle été guidée aussi par des aspects pédagogiques ?

 

M.A. : En tant qu’enseignant depuis déjà plus de 35 ans, les aspects pédagogiques m’ont guidé dans ce récit, en effet il s’agit d’une leçon de vie et de partage. L’écriture a été pour moi une véritable thérapie. Elle m’a permis de surmonter cette terrible épreuve, la perte d’un être cher. Il n’y a pas de remède efficace que de pouvoir retranscrire tout ce que l’on ressent pendant une période difficile. C’est un grand témoignage d’une vie de couple heureux et dévoué. Un récit plein d’amour et de partage.

 

LGDC : Quelle a été la réaction du public par rapport à ce projet d’écriture ?

 

M.A. : Les personnes qui ont lu mon livre ont été tout aussi touchées et émues comme je le suis à chaque fois que je repense à l’impensable. Beaucoup me disent leur émotion face à la force qui se dégage dans le livre, d’autres saluent ce courage d’avoir osé parler de cette douleur si intense et inconsolable. Pour la première fois dans notre société comorienne traditionnellement orale, une personne frappée d’un grand malheur a eu le courage de partager sa douleur, de surcroît, par l’écriture.

 

LGDC : le mot de la fin ?

 

M.A. : La vie est faite de belles histoires, des moments parfois exquis et parfois amers. La nôtre ressemble à cette vie-là, faite de rencontres, uniques et spéciales, qui apportent quelque chose d’indéfinissable dans l’existence de ceux qui la vivent. C’était mon cas : avoir eu la chance d’avoir côtoyé pendant plus de trente ans, l’existence d’une épouse exceptionnelle, une mère. Dévouée et une femme responsable face aux missions qui lui ont été confiées. Cette vie valait la peine d’être narrée, car elle restera la plus belle histoire d’amour jamais vécue jusqu’à ce jour tragique de sa disparition. La raconter, pour moi, c’est la perpétuer et faire revivre son âme. Pour finir je lance un message d’amour et de bienveillance dans nos relations matrimoniales. Mais aussi, de toujours avoir la foi, car dans chaque épreuve, notre seigneur nous donne la possibilité de surmonter nos malheurs.

 

Propos recueillis par Mmagaza

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.