La Gazette

des Comores

Banques : Des réserves obligatoires en baisse

Banques :  Des réserves obligatoires en baisse © : HZK-LGDC

Dans son rapport annuel pour l’exercice 2025, la Banque centrale des Comores révèle que les réserves obligatoires ont connu une baisse d’au moins deux milliards de nos francs. En hausse jusqu’au mois d’octobre, les réserves ont donc subi cette décrue, passant de 24 milliards en janvier à un peu plus de 22 milliards au 31 décembre 2025.


C’est en tout cas ce qui ressort du dernier rapport annuel de la BCC présenté à la presse au début de ce mois de septembre. « Les réserves obligatoires ont accusé une baisse de 2,3 milliards FC (-9,3%) sur l’ensemble de l’année sous revue, passant de 24,4 milliards FC en janvier 2025 à 22,1 milliards FC en décembre 2025 et ce, malgré la forte augmentation des dépôts de la clientèle du système bancaire (+113,3%) sur la même période. » Une situation qui contraste avec celle de l’année dernière qui avait connu une augmentation de près de 2 milliards. « Par comparaison, les réserves obligatoires avaient connu une hausse de 1,8 milliard FC (+8,0 %) en 2024 », rappelle le rapport. La banque des banques note toutefois, que malgré cette tendance baissière, la situation a été atténuée par les opérations de ponction, estimant que « l’effet expansif de la baisse du coefficient de réserves obligatoires sur la liquidité bancaire a été atténué par l’impact restrictif des opérations de ponction dont le volume a été augmenté à cet effet par la même occasion. »

Pour rappel, les réserves obligatoires sont des sommes minimales que doivent déposer les banques commerciales auprès de la banque centrale, une sorte de filet de sécurité. Aux Comores, si une banque dispose d’une assiette de réserve de 10 milliards par exemple, elle doit déposer en réserve à la banque centrale, 1,2 milliards, ce qui correspond à 12,5% de taux de réserve obligatoire en vigueur aux Comores depuis 2023. Mais derrière cette règle prudentielle se cache une évolution qui interroge. En 2025, les réserves obligatoires ont en effet diminué de 2,3 milliards FC, alors même que les dépôts bancaires progressaient fortement. Cette baisse paraît d’autant plus notable qu’elle intervient après une hausse de 1,8 milliard FC en 2024. Elle pose donc la question de l’évolution réelle des réserves détenues par les banques auprès de la BCC. Est-elle liée à la structure des dépôts, à leur composition ou à d’autres mécanismes du système bancaire ? Pour comprendre cette évolution, il convient de regarder de plus près les chiffres publiés par la BCC Car derrière ces milliards se joue aussi une question essentielle, la liquidité et la solidité du système bancaire comorien.» 

Et au-delà de cette baisse, la banque centrale note aussi une grande absence d’échanges interbancaires, et cela malgré la modernisation des systèmes de paiement et de compensation. « En effet, au cours des trois dernières années, environ 76% des établissements déclarent ne pas avoir effectué d’échanges avec d’autres institutions, contre seulement 24% qui déclarent en avoir réalisé. On note également que les transactions de longue maturité (environ 24 mois ou plus) constituent la catégorie la plus dominante. Aussi, la totalité de ces transactions s’est effectuée sans garanti. Un constat qui soulève également des interrogations sur la circulation de la liquidité entre les établissements bancaires. La faiblesse des échanges interbancaires pourrait ainsi limiter les mécanismes de redistribution des liquidités au sein du système. Plus préoccupant encore, ces opérations se font majoritairement sur de longues durées  et sans garantie. Une situation qui invite à s’interroger sur le fonctionnement et la profondeur du marché interbancaire aux Comores, surtout qu’il reste le secteur le plus scruté par les éventuels investisseurs.

Imtiyaz

 

 


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