La Gazette

des Comores

Edito: L’Etat doit revoir la copie !

Edito: L’Etat doit revoir la copie ! © : HZK-LGDC

Des grèves générales, oui il y en a eu, sous tous les régimes depuis que les Comores sont indépendantes. Mais celle de cette année 2026 aura battu tous les records, en termes de durée et d’intensité, car le seul mot d’ordre d’Usukani wa masiwa et Synaco, a su gagner toutes les couches sociales et toutes les catégories professionnelles, par son caractère fédérateur et sa justesse.


En disant “non” à une hausse vertigineuse et immorale du prix du carburant, ces deux organisations ont touché là où ça fait mal : le portefeuille de l’écrasante majorité des Comoriens, dont la chute brutale du pouvoir d’achat risque de plonger encore des dizaines de milliers de familles dans la précarité et la misère. Ceux qui tendent maladroitement d’y voir des manipulations partisanes ou corporatistes se trompent lourdement, pour la simple raison que cette grève est une grève juste et digne à la fois.

Avant de prendre cet arrêté portant augmentation de 38% du prix du carburant, le gouvernement devrait prévoir et anticiper tous les impacts que cette hausse pouvait provoquer sur le budget des ménages et les charges des entreprises, à court et moyen termes. Une structure de prix qui ne tient pas compte de la capacité financière des usagers et des consommateurs est donc inacceptable, sachant que le salaire moyen du Comorien est l’un des plus bas de toute la région. Un abattement de 40% sur les taxes douanières durant 3 mois, pour soulager les opérateurs économiques, n’est qu’une mesure provisoire et sans réel impact sur l’ensemble de la chaine d’approvisionnement.       

Certes la guerre du Moyen Orient et le blocage du détroit d’Ormuz peuvent expliquer les fluctuations actuelles du prix des produits pétroliers, mais appliquer une hausse de 38% à la pompe, est disproportionné pour le consommateur comorien. Si la facture de la dernière cargaison de la SCH a augmenté, l’effort devra être partagé équitablement, et en toute transparence, entre l’Etat et ses citoyens.   

Il appartient donc au Chef de l’Etat, Azali Assoumani, de revoir la copie, en abrogeant le fameux arrêté controversé, et en invitant autour de la table tous les acteurs socio-économiques en vue de trouver un compromis acceptable pour tous, et dans l’intérêt du pays. En période de vaches maigres, l’Etat doit commencer par donner l’exemple (baisse des salaires de la superstructure, suppression des dotations de carburant, suspension des voyages internationaux non essentiels, etc.).

ESO


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