Alors que le monde fait face à des crises économiques, climatiques et géopolitiques de plus en plus complexes, les iles de la lune semblent encore prisonnières de débats politiques qui peinent à répondre aux préoccupations quotidiennes de la population. Derrière les affrontements institutionnels et les calculs de pouvoir se dessine une réalité plus préoccupante : celle d'un pays qui risque de manquer les opportunités de son développement.
Depuis plusieurs années, les crises internationales ont profondément modifié les équilibres économiques. Les fluctuations des marchés, la baisse des revenus tirés des produits d'exportation et la diminution prévisible de certaines aides internationales imposent aux petits États insulaires de repenser leur modèle de croissance. Les Comores n'échappent pas à cette nouvelle donne. Pourtant, le débat politique demeure largement centré sur les rivalités de personnes, les échéances électorales et les réformes institutionnelles. Si ces questions sont légitimes dans une démocratie, elles ne devraient pas occuper tout l'espace public au détriment des préoccupations essentielles que sont l'emploi, la sécurité alimentaire, la création de richesses ou encore l'amélioration des services publics.
L'appel récurrent au dialogue politique ne devrait pas être perçu comme un signe de faiblesse, mais comme une démarche de responsabilité. Dans un contexte où les ressources deviennent plus limitées, le consensus sur les grandes priorités nationales apparaît plus que jamais nécessaire. Gouverner consiste avant tout à construire des solutions durables plutôt qu'à entretenir des oppositions stériles. Les Comores disposent pourtant d'atouts considérables. Leur position stratégique dans l'océan Indien, leur patrimoine naturel exceptionnel, leur biodiversité et la richesse de leur culture constituent autant de leviers de développement encore insuffisamment valorisés. Le secteur du tourisme en est une illustration frappante.
Alors que les autres îles de la région renforcent continuellement leur attractivité, nous peinons encore à transformer leurs avantages naturels en véritable moteur économique. Par exemple, le tourisme ne peut prospérer sans une vision partagée, une gouvernance coordonnée et l'implication de l'ensemble des acteurs : État, collectivités, secteur privé, université et communautés locales. L'émergence de formations universitaires en écotourisme représente une avancée importante. Encore faut-il que ces compétences trouvent des débouchés professionnels. Une politique publique efficace ne se mesure pas uniquement au nombre de diplômés formés, mais à leur capacité à intégrer le marché du travail et à contribuer au développement national.
Cependant, cette réflexion dépasse largement le seul secteur touristique. Elle interroge la capacité collective à mobiliser les ressources nationales, à stimuler l'investissement productif et à créer des emplois durables. Les citoyens attendent désormais des résultats concrets davantage que des promesses ou des discours. À l'heure où les effets des crises mondiales touchent également les petits États insulaires, les Comores ne peuvent plus se permettre de disperser leurs énergies dans des querelles institutionnelles sans fin. Le véritable défi consiste désormais à bâtir une économie plus résiliente, capable de valoriser les richesses du pays tout en améliorant durablement les conditions de vie de la population. Plus que jamais, l'avenir des îles de la Lune dépendra de leur capacité à faire prévaloir l'intérêt général sur les ambitions particulières, afin de transformer leurs nombreux atouts en véritables opportunités de développement.
Mmagaza
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