A l'ONU, le président de la République Azali Assoumani a abordé dans son allocution les grands sujets d’actualité du moment. Il s'inscrit par ailleurs sur les pas de ses frères arabes en ce qui concerne la Palestine et se veut par contre prudent sur la question de Mayotte dont il espère une solution viable.
Pour son tout premier grand oral à la tribune des Nations Unies, le président de la République opte pour la généralité en abordant les sujets de préoccupation de l’heure. Notamment le changement climatique et la lutte contre le terrorisme. Pour Azali Assoumani les terroristes ne sont ni musulmans, ni juifs, ni chrétiens, ni animistes. « Ils n’appartiennent à aucune religion, à aucune civilisation. Ce sont des barbares », a-t-il dit.
Comme au sommet de Nouakchott, le président comorien appelle à « des mesures immédiates, susceptibles d’endiguer les fléaux de la violence, résultat d'après-lui, de l’extrémisme et du fanatisme de tout bord, qui aboutissent aux actes odieux et barbares que le monde entier en général, et notamment l’Afrique, qui est en train de vivre « le terrorisme qui n’a pas de frontières ». Le chef de l’État marche par ailleurs sur les pas de ses frères arabes à l'image du roi de la Jordanie en ce qui concerne le conflit israélo-arabe, en condamnant avec fermeté une « inertie coupable » aux drames de ce conflit.
« Rien ne peut justifier l’arrogance de ceux qui, à cette même tribune, viennent défier le monde auquel ils s’adressent et narguer notre organisation commune, qui a pourtant reconnu depuis près de 70 ans, l’État au nom duquel ils s’expriment (...) », a-t-il fustigé, se disant persuadé qu’une solution au problème de la souveraineté du peuple palestinien et la résolution de ce vieux conflit de 70 ans, seront un catalyseur pour le règlement des autres conflits dans cette région du Proche et Moyen Orient.
Et le colonel Azali d'aborder la question de Mayotte avec sa propre touche, celle de refuser d’assimiler les comoriens des autres îles comme étant des immigrés dans l'île comorienne sous administration française. Il appelle à faire la différence entre « les migrations et le déplacement des populations sur leur propre territoire (...) Dans mon propre pays, il y' a évidemment, comme dans les autres pays, des mouvements nécessaires de la population qui s’effectuent à l’intérieur des îles et entre elles, y compris l’île de Mayotte ».
Des déplacements d'après-lui « pour visiter la famille, assister à un mariage, à l’enterrement d’un proche ou pour tout autre raison, se transforment hélas, en drame au quotidien, et causent chaque année, chaque mois, des centaines de morts parmi nos concitoyens, dans le bras de mer entre les trois îles et Mayotte, dans l’indifférence de la communauté internationale ». Espérant le soutien de la communauté internationale pour une « solution viable », Azali dit être convaincu que c'est par le dialogue qu'il a initié avec le Président Chirac en 2005, poursuivi depuis par les Gouvernements comoriens et français successifs, que les Comores et la France pourront aboutir à une solution pour ce contentieux désagréable entre amis et partenaires.
« C’est par un dialogue franc, intelligent et respectueux des intérêts des uns et des autres et surtout conforme au Droit International, que nous parviendrons à épargner aux jeunes générations de français, de comoriens et de franco-comoriens, une situation sans issue et les préserver ainsi de la radicalisation et de l’extrémisme qui minent et déstabilisent de nombreuses régions du monde », a-t-il martelé.
Et de conclure sur la réforme de l’ONU, « que bon nombre de pays appellent de leurs vœux, notamment pour permettre enfin à l’Afrique, plus spécifiquement, de disposer d’un siège permanent au sein du Conseil de Sécurité ».
Maoulida Mbaé
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