Le gouverneur de l’île a signé un arrêté portant application du budget 2017 de l’île de Ngazidja, un budget rejeté à l’unanimité par les conseillers de l’île de Ngazidja. Un acte vivement condamné par les élus.
Encore une fois, le gouverneur de l’île piétine les textes. Les conseillers de l’île autonome de Ngazidja avaient rejeté la semaine dernière le projet de budget de l’île pour l’exercice 2017. Les élus avaient émis une réserve sur le montant alloué aux communes qui est inférieur à celui fixé par l’Union. Hier mardi, les conseillers et les maires de Ngazidja se sont rencontrés et ont condamné l’acte du gouverneur.
« Depuis qu’il est élu, le gouverneur ne fait que piétiner les textes. Aujourd’hui, il est allé trop loin. Appliquer un budget qui a été rejeté par les élus de l’île, c’est vraiment regrettable », martèle Younoussa Madi, le président du Conseil de l’île. Il appelle au chef de l’exécutif de l’île à annuler immédiatement l’arrêté et à convoquer le conseil pour une seconde lecture du budget. Il interpelle aussi le gouverneur à respecter les lois et textes qui régissent l’île.
De leur côté, les maires ne demandent qu’avoir leur part du budget dans sa totalité. Un budget qu’ils estiment ambitieux pour leur fonctionnement. « Le gouverneur a été élu et aujourd’hui, il doit respecter les textes. On ne peut en aucun cas accepter que quelqu’un nous prive d’une partie de notre budget et s’en approprie. Nous ne sommes pas d’accord », déclare Djoumoi Said, le président de l’association des maires. Et de poursuivre « s’il le faut, nous allons frapper à toutes les portes de la Grande Comore pour avoir gain de cause ».
Dans son arrêté, le gouverneur de l’île de Ngazidja a annoncé de nouvelles dépenses, notamment le financement des conseils régionaux. Des conseils régionaux qui n’existent pas selon le président de l’association des maires. « On n’a jamais entendu parler de conseils régionaux. S’ils sont mis en place, nous les maires, nous ne sommes pas au courant. Cet argent nous appartient et on n’est pas d’accord qu’on nous le prenne », lâche-t-il.
Après cette rencontre avec la presse, les élus de Ngazidja vont marcher jusqu’au palais présidentiel de Beit Salam et remettre par la suite au chef de l’Etat une lettre lui expliquant la situation vu qu’il est le garant des institutions.
Mohamed Youssouf
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