C'est par principe de solidarité avec leurs homologues de Moheli que les députés frondeurs ont rejeté le projet de loi des finances de l'exercice 2017. C'est ce qu'ils ont, en substance, déclaré au cours d'une conférence de presse tenue hier jeudi, niant toute brouille avec le gouvernement.
« En votant à l'unanimité absolue le projet de loi des finances rectificatif 2016, nous avons voulu envoyer un message d'abord à la population, comme pour leur montrer que les élus peuvent bien s'entendre sur certains points pour le bien de la nation. L'autre message, c'est au gouvernement comme pour leur dire qu'il n'y a aucun désaccord entre nous et que nous sommes derrière le régime », a d'emblée déclaré le député Tocha Djohar.
L'élu de la région d'Itsandra sud pour qui plusieurs facteurs inquiétants les ont amenés à rejeter le projet de loi présenté par le gouvernement, bien qu'il reconnaisse le travail fait par le ministère des finances et du budget pour présenter un budget aussi audacieux, une première dans le pays. D'après-lui, les menaces brandies par les élus de Moili sur un possible rejet du budget par « le tout Moheli » ainsi que la lettre adressée au chef de l'État signée par les gouverneurs des îles : « face à tout cela, on ne pourrait pas fermer les yeux et faire comme si de rien n'était ».
Même son de cloche pour le député Nassim Ahmadi, pour qui, malgré la pertinence du budget, il n'a pas toutefois répondu à plusieurs inquiétudes, notamment la diminution des recettes à partager au profit de l'Union, pendant que les charges des îles autonomes seront augmentées.
« Il ne fallait pas se surprendre qu'une loi n'ait pas obtenu la majorité nécessaire. C'est normal dans tout parlement et ça arrive souvent, dit-il, mais j'aimerais clarifier une chose. Si le budget n'est pas passé ce n'est pas à cause d’un conflit d’une majorité contre une minorité parlementaire. Et nous n'avons pas de leçon à recevoir surtout de l'autre coté. Si aujourd'hui on veut nous rejoindre dans les rangs du pouvoir qu'on le fasse la tête haute ».
Les deux élus ont réitéré la disponibilité de la majorité parlementaire à mettre leur « dévouement » pour que le projet de loi renvoyé en deuxième puisse être adopté. Le député Tocha Djohar qui qualifie d « entorse » le fait que le président de l'assemblée nationale dise que c'est l'opposition qui se porte au chevet du gouvernement. « Nous avons donc compris que le député Maoulana est entrain de comploter contre le régime en étant du coté de l'opposition », fait-il savoir.
Ce député conteste le chiffre de 17 avancé comme étant celui des votes favorables au projet de loi des finances. « La réalité c’est qu'ils étaient 13 à l’hémicycle, plus deux procurations. Nous étions 17 identifiables par notre positionnement dans l’hémicycle. Je vous invite à faire le calcul par vous mêmes », a-t-il indiqué, ajoutant que les tentatives menées par certains élus auprès du chef de l'État pour lui faire croire qu'ils ont la situation en main a échoué.
Dans cette impasse on est loin du dénouement heureux annoncé par les autorités sur une crise qui risque de plonger le pays dans l’incertitude, étant donné que chaque groupe campe sur sa position. Des voix commencent à monter pour appeler le chef de l'État à siffler la fin de la partie.
Maoulida Mbaé
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