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Boléro prend fonction à la COI

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Boléro prend fonction à la COI © : HZK-LGDC

La sécurité, la réduction de la fracture numérique, l'inter-connectivité et l'élargissement au cœur du discours de Hamada Madi Boléro nouveau secrétaire général de la COI prononcé à l'occasion de sa prise de fonction jeudi à l'île Maurice.


« La COI n’est ni un concurrent ni un rival de nos États. C’est une valeur ajoutée ! Parce qu’il est impossible d’avancer vers nos objectifs sans une réelle implication de tous, je lance ici un appel pressant à nos dirigeants pour qu’ils encouragent leurs administrations à collaborer pleinement avec l’organisation pour notre réussite collective », c'est ce qu'a d’emblée déclaré Hamada Madi Boléro à l'occasion de sa prise officielle de fonction au poste de secrétaire général de la COI.

 Deuxième personnalité comorienne à accéder à la tête de cette organisation sous régionale, Boléro a tenu à clarifier sa position sur la question de Mayotte dont l'organisation est critiquée par la classe politique pour son inaction vis-à-vis de la France.

 Il se laissera dit-il « guider par le droit international. J’y suis d’autant plus attaché en tant que premier responsable d’une organisation intergouvernementale que ce n’est pas l’addition des normes spécifiques des États qui régit les organisations, mais les normes communes, celles qui, justement, systématisent le droit international ».  

 Pour lui point de doute « de la volonté des autorités françaises, au premier chef desquelles le Président François Hollande, de faire tout pour que les Comores et la France parviennent à une solution durable et équitable de ce différend, et que cessent les drames quotidiens qui nous endeuillent ».

 Il lance un appel à la refondation de la COI pour permettre dit-il, de mieux s’intégrer, et de mieux se projeter au-delà même de ses grands voisins d’Afrique. « A cet égard, je souhaite évaluer rapidement notre Accord de siège avec l’État mauricien pour que la COI puisse mieux travailler au service de tous et se projeter plus efficacement à l’international », a-t-il fait savoir. Et lui de se lancer dans une longue explication des axes qu'il attend mener durant son mandat dont la sécurité, la réduction de la fracture numérique, la lutte contre la famine, la connectivité inter-îles.

« C’est avec un très grand plaisir que je viens ici être le témoin de ce passage de flambeau entre mon ami De L’Estrac qui a conduit notre organisation avec beaucoup de dynamisme, de maturité, de finesse et de sagesse diplomatiques, et Hamada Madi Boléro que je connais si bien », a déclaré le président Azali Assoumani au moment de prendre la parole.

 Le chef de l'État comorien qui appelle l'organisation à lutter d’une manière concrète contre les barrières artificielles qui existent entre les États membres et qui sont un frein au développement économique de la région. « Il n’est pas acceptable que les opérateurs économiques de l’Océan Indien continuent à éprouver autant de difficultés pour se rencontrer, échanger et créer les opportunités nécessaires à leur épanouissement. Nous devons donc sortir des sentiers battus et nous doter des moyens multiformes pour impulser une véritable dynamique économique », a-t-il fait savoir.

 Azali pense qu'il est encore « plus inacceptable, que dans ce monde où les hommes se rapprochent de plus en plus, où la planète est devenue un village, que les citoyens de notre organisation éprouvent autant de difficultés à se mouvoir. Il doit être possible d’aller d’un point à l’autre de notre région en moins de temps possible, et à un coût raisonnable. Cela ne peut avoir qu’un effet positif dans le rapprochement de nos États et dans leur émancipation ».

Et de conclure « Je me permets de dire mon émotion devant ces images de violences particulièrement graves auxquelles nous assistons ces dernières semaines, où des comoriens persécutent d’autres comoriens sur cette île. Et je sais que c’est un dossier sur lequel, notre organisation, la Commission de l’Océan Indien s’est beaucoup investie, ces dernières années, dans le but singulier de mettre fin à ces horribles tragédies qui se passent sous nos yeux dans ce bras de mer entre Mayotte et ses îles sœurs, tristement devenu, le plus grand cimetière marin au monde. Et pour terminer, je demande donc, au nouveau Secrétaire Général de la Commission de l’Océan Indien, mon ami, Hamada Madi Boléro de faire du rapprochement de nos États et du développement économique de notre région, ses priorités. Je lui souhaite dans ces nouveaux défis, bon courage et qu’Allah le protège et l’accompagne ».

 

Maoulida Mbaé

 


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