Dans un contexte politique encore marqué par les contestations des scrutins présidentiels de 2019 et 2024, le Collectif Anjouan 2029 a procédé, le samedi 10 janvier dernier à Moroni, à l’ouverture officielle d’un atelier national de deux jours consacré au processus électoral présidentiel et au respect de l’ordre constitutionnel.
Placée sous le thème « Bilan des scrutins de 2019 et 2024 », cette rencontre a réunit des acteurs de la société civile, des partis et regroupements politiques, des experts nationaux, des médias ainsi que des citoyens engagés. Plusieurs formations politiques ont pris part aux travaux, notamment Swauti, Juwa, Ridja, ainsi que d’autres partis et mouvements, tandis que le parti au pouvoir la CRC, invité, a préféré briller par son absence.
Dans son mot de bienvenue, Dr Nassuf Ben Mohamed, chargé de la mobilisation des ressources, a souligné que cet atelier se veut un cadre d’échanges d’expériences et de réflexions, afin de garantir, en 2029, « de vrais votes » acceptés aussi bien par les vainqueurs que par les perdants.
Revenant sur les scrutins précédents, il a rappelé que les élections de 2019 et 2024 ne se sont pas déroulées dans des conditions satisfaisantes, la présidentielle de 2024 ayant particulièrement suscité de fortes contestations et laissé de lourdes conséquences, a-t-il rappelé à l’ouverture des travaux. Du côté du parti Swauti, un élu a indiqué que sa formation a décidé de se joindre à cette initiative « afin d’obtenir gain de cause et de défendre la vérité des urnes ».
Un autre élu de Ridja a, pour sa part, salué l’initiative du Collectif, tout en rappelant que son parti n’avait pas reconnu les résultats des élections de 2024 et avait choisi de ne pas y participer, faute de garanties suffisantes. Prenant la parole au nom de l’opposition parlementaire, le secrétaire générale adjoint a insisté sur la nécessité du respect mutuel entre acteurs politiques, soulignant que « la politique est une succession d’unions et de désunions » et que, malgré les divergences, les responsables politiques restent « l’avenir du pays de demain ».
La méthodologie et le déroulement des travaux ont été présentés par Dr Housni Mohamed Abdou, commissaire des travaux et facilitateur de l’atelier. Il a précisé que le Collectif Anjouan 2029 s’inscrit dans une démarche nationale et inclusive, au-delà de l’île d’Anjouan.
Les travaux portent principalement sur les scrutins présidentiels de 2019 et 2024, en raison de la proximité de la prochaine échéance présidentielle, et s’articulent autour de plusieurs sessions thématiques, portant notamment sur le cadre légal du processus électoral, la gouvernance des institutions en charge des élections, ainsi que le contentieux électoral et la proclamation des résultats.
Selon le communiqué officiel, l’atelier vise à contribuer à la consolidation d’un processus électoral libre, transparent, crédible et apaisé, conformément à la Constitution de l’Union des Comores et aux principes démocratiques universellement reconnus.
Le Collectif Anjouan 2029 rappelle également que le respect de la Tournante présidentielle de 2029 au profit de l’île d’Anjouan constitue une exigence constitutionnelle non négociable, tout en soulignant que les préoccupations citoyennes portent de plus en plus sur le respect effectif du vote des électeurs et de la volonté populaire, lit-on dans le communiqué.
Toujours selon ce dernier, cet atelier se veut un cadre inclusif, constructif et responsable de dialogue et de propositions, devant aboutir à une Déclaration finale et à un Mémorandum citoyen adressés aux autorités nationales, aux acteurs politiques et aux partenaires. Les travaux se poursuivent durant deux journées et seront clôturés par l’adoption d’une déclaration finale et d’un mémorandum citoyen.
Mohamed Ali Nasra
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