La sortie médiatique du deuxième adjoint au Maire de Moroni en début de semaine a provoqué un lever de bouclier de la part de certains élus de l’actuelle majorité communale. Initiateur parmi tant d’autres de l’initiative de la pétition, Ahmed Hachim Saïd Hassane, élu municipal et poil à gratter du régime dans la capitale revient sur cet entretien sur les motivations de la pétition et ses conséquences.
Question : Vous êtes à l’initiative parmi d’autres conseillers municipaux d’une pétition appelant le maire à convoquer le Conseil municipal, pourquoi cette initiative maintenant ?
A.H.S.H: Cette initiative découle d’un constat d’inaction institutionnelle. Depuis la mise en place de la nouvelle équipe municipale au mois d'avril 2025, aucun Conseil municipal n’a été convoqué, en violation des textes en vigueur qui impose des sessions régulières pour assurer la gouvernance locale. En tant qu’élus, nous avons le devoir de faire respecter la loi et de veiller à ce que les affaires de la commune soient discutées de manière transparente et démocratique. Le blocage actuel pénalise non seulement le fonctionnement de la mairie, mais aussi les citoyens de Moroni qui attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations quotidiennes. Et pour rappel, j'ai adressé 3 courriers invitant le maire à convoquer le conseil municipal sans aucun retour de sa part. Enfin, le 24 octobre 2025, j'ai fait une saisine du tribunal administratif de Moroni pour carence du conseil municipal.
Question : Certains de vos adversaires vous accusent de vouloir déstabiliser la ville qu’en est-il réellement ?
A.H.S.H : Il ne s’agit en aucun cas de déstabiliser la ville. Bien au contraire, notre démarche vise à restaurer l’ordre institutionnel et le bon fonctionnement démocratique de la commune. Ce qui déstabilise Moroni aujourd’hui, c’est l’absence de débats, l’opacité dans la gestion municipale et le non-respect des obligations légales. Nous ne faisons que réclamer l’application du droit, rien de plus. Lorsque le maire refuse de convoquer le Conseil municipal, il empêche les élus de faire leur travail, et prive les citoyens de transparence et de décisions collectives. Exiger la tenue d’un conseil n’est pas un acte de déstabilisation mais plutôt un acte de responsabilité.
Question : Si le maire décide de ne pas convoquer le Conseil et qu’un conseil extraordinaire est convoqué, est-ce que vous irez jusqu’à demander le départ du Maire actuel, comme le pensent certains ?
AHSH : Si le maire persiste à bloquer le fonctionnement du conseil, nous serons dans l’obligation de tirer les conséquences politiques et juridiques qui s’imposent. Ce n’est pas une question de personnes, mais de respect des institutions et du mandat "confié" par les citoyens. Un maire qui refuse de convoquer le conseil, de dialoguer avec ses collègues élus, ou d’appliquer les règles de gouvernance communale, met en danger la démocratie locale et c'est un maire irresponsable. Si cette attitude d’obstruction persiste, alors oui, nous envisagerons toutes les voies légales, y compris celle de la remise en cause de son maintien en fonction.
Propos recueillis par Imtiyaz
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