Les engagements pris par le colonel Azali Assoumani pour les 100 premiers jours suivant son investiture seront-ils trop ambitieux pour être réels. C'est le constat que l'on peut faire à travers ce dossier spécial bilan consacré aux engagements électoraux du chef de l'État pour ses 100 premiers jours.
« Les 100 premiers jours suivant mon investiture seront marqués par l'exécution d’une série de mesures phares inspirées de mon programme d'actions et visant à imprimer l'autorité de l’État, à restaurer la confiance chez les Comoriens et à amorcer le redressement du pays tant attendu. C'est donc une phase charnière à ne pas manquer », peut-on lire en guise de préambule des engagements pris par le colonel Azali Assoumani pour ses premiers 100 jours suivant son investiture à la magistrature suprême.
Force et de constater que hormis quelques succès sur certaines mesures phares, le bilan dans sa totalité serait plutôt mitigé si et seulement si on tient compte des engagements pris sous forme d'un serment consigné dans un livre de poche distribué aux journalistes au cours d'une conférence de presse tenue dans un hôtel de la capitale.
Si certaines mesures s’avèrent être moins compliquées pour leur mise en oeuvre ou tout au moins leur relance, comme l'instauration d'un système de contrôle permanent des présences au travail, la mise en place d'un cadre de concertation avec les Gouverneurs des îles ou la réforme des horaires de travail et la maîtrise de la masse salariale, d'autre s’avéraient dès le départ très compliqués à réaliser parce qu'elles seront bloquées par plusieurs facteurs notamment juridiques.
On parlera surtout des structures administratives telles que le Service des Inspections de l’État (SIE). L'Agence nationale des médicaments et des évacuations sanitaires (ANAMEV). L'Office national de communication et des publications (ONCP). L'Agence Comorienne de la Coopération Internationale. Des structures qui devront être soumises en amont aux votes des parlementaires alors qu'aucun projet de loi sur ces points n'avait jamais été déposé à en croire des députés rencontrés sur place.
Il y a aussi la mise en place d'un système de crédits-formation au bénéfice des Universitaires qui exigerait une concertation au préalable avec les milieux bancaires de la place. Certes le chef de l'État a reçu les patrons des banques mais c'était sur un autre registre.
De l'utopisme, on peut en déduire sur certaines mesures notamment les « 10 à 20 milliards KMF seront mobilisés pour divers projets sociaux, dont 10 Immeuble imposants… ». Le fonds était trop surévalué compte tenu des recettes propres du pays, à moins que le chef de l'État escomptait sur des généreux donateurs des pays du Golf.
Le constat global qu'on peut tirer est que les engagements ont été pour le mieux ambitieux pour être réalisés dans un temps aussi court. Mais comme on était en pleine période de campagne électorale et que les enchères étaient élevées de part et d'autre, fallait-il y ajouter une dose de populisme pour faire la différence. Certes la baisse des prix des hydrocarbures et de certains produits et services, l’organisation sans faute du pèlerinage, et la baisse des frais d’inscription à l’université sont à inscrire à l’actif du colonel Azali, qui n'a pas menti, mais pour le reste des promesses, c'est plutôt Al Imam Azali qui a tout au moins raté le coche. Saura-t-il rattraper son retard ?
Maoulida Mbaé
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