La Gazette

des Comores

Interview : USHE : « La diaspora doit participer à la prise de décision politique et économique »

Interview : USHE : « La diaspora doit participer à la prise de décision politique et économique » © : HZK-LGDC

À l’approche de la consultation citoyenne prévue le 3 octobre à Marseille, la secrétaire générale du parti USHE, Karina Moilime Djoussouf revient sur les objectifs de cette initiative, la place de la diaspora dans la vie politique et les mécanismes envisagés pour recueillir et intégrer ses propositions. Dans cet entretien accordé à La Gazette des Comores, elle évoque le suivi qui sera donné aux recommandations issues de cette rencontre.


Question : Quelle est la genèse de cette initiative organisée à Marseille et pourquoi avoir choisi le slogan « Ko Masihu Male Yatso Husha » pour cette consultation citoyenne ?

Karina Moilime Djoussouf : Cette initiative part d’une conviction simple : on ne peut pas construire l’avenir d’un pays sans écouter celles et ceux qui en vivent les réalités au quotidien.
Nous voulons donc aller à la rencontre des Comoriens, dans les quartiers, les villages, mais aussi auprès de notre diaspora, pour recueillir leurs préoccupations, leurs propositions et leurs attentes. Marseille n’a pas été choisie par hasard : la diaspora fait pleinement partie de la nation et de son avenir. Nous croyons que la transformation des Comores doit être collective, participative et inclusive. Je précise également que « Ko Masihu Male Yatso Husha » n’est pas le slogan spécifique de cette consultation, mais celui du parti. C’est un message d’espoir, mais surtout un appel à l’action : celui de croire en un nouveau départ et en une autre manière de faire de la politique et de construire notre pays. C’est précisément ce que porte USHE : la conviction qu’un autre avenir est possible pour les Comores, et qu’il doit être construit avec toute la population. 

Question : Quels sont les objectifs prioritaires que le parti USHE espère atteindre à l'issue de cette rencontre à la Fraternité Belle de Mai ?

K.M.D : Nous avons une méthode spécifique dans notre démarche programmatique, celle de prioriser l’approche citoyenne. L’idée est de démocratiser ou populariser les problématiques et les solutions afin de diluer un peu la vision exclusive aux seuls experts. La solution viendra d’un amalgame des différents points de vue. Cette rencontre doit nous permettre précisément de faire la jonction des deux perspectives et entendre le diagnostic et les pistes de solution des principaux concernés qui souvent ont très peu voix au chapitre.

Question : Le thème aborde « Votre voix pour les Comores de demain », comment comptez-vous concrètement intégrer les propositions recueillies dans le programme politique de votre parti ?

K.M.D : La consultation citoyenne qui aura lieu le 3 octobre prochain sera le 4e en moins de deux ans d’existence du parti. Nous avons pu établir un processus qui permet de respecter à la fois la volonté populaire qui s’exprime lors de ces consultations et les valeurs fondamentales du parti. Ainsi, nous avons systématique deux secrétaires de séance, un adhérent du parti et un secrétaire non adhérent mais directement choisi parmi les participants. Les solutions et réformes proposées sont ensuite ratifiées lors d’une assemblée générale du parti et directement intégré dans notre projet politique de société appelé « Barnamadj ya Ukombozi ».  

Question : Selon vous, quels sont aujourd'hui les enjeux et les attentes les plus urgents de la diaspora comorienne de France vis-à-vis du pays d'origine ?

K.M.D : De l’égard à la démarche consultative qui est la nôtre, il est très difficile de répondre à cette question au préalable puisque ce serait précisément vider toute la consultation de son sens. Ce que nous aspirons c’est qu’on puisse répondre après la consultation, une fois qu’on a échangé et recueilli les différents avis. Il est évident que nous avons des intuitions, voire des propositions mais par respect à la participation citoyenne que nous demandons, il est important de ne pas préjuger à l’avance des conclusions et des délibérations à venir. 

Question : Quelle place le parti USHE entend-il accorder à la diaspora dans la gouvernance et le développement socio-économique futur des Comores ?

 K.M.D : Il y a une certitude que l’on peut affirmer aujourd’hui avant la consultation, c’est que nous entendons lui donner un espace d’écoute, d’échange et in fine de participation à la prise de décision politique et économique. Pour l’heure nous ne sommes pas encore au pouvoir mais notre gage de bonne volonté réside dans cette consultation. Il faut qu’elle puisse directement influencer la direction politique nationale, au sens noble du terme, à la hauteur de ce que cette diaspora représente notamment démographiquement, intellectuellement ou bien entendu économiquement. Pour cela, nos institutions doivent évoluer qu’elle ne se contente pas d’un commissariat isolés mais d’une véritable place dans l’organisation constitutionnelle.

Question : Envisagez-vous des mécanismes permanents pour garantir une participation citoyenne continue des Comoriens de l'extérieur au-delà de cette rencontre du 3 octobre ?

 K.M.D : En effet, parmi les résultats escomptés se trouvent la possibilité de mettre en place un espace permanent de doléance directement lié aux différentes coordinations des cellules du parti se trouvant à l’étranger. Cet espace de doléance servira à recueillir sans aucune forme de contrainte ni de restriction les interventions et avis de nos concitoyens dans la démarche politique du Parti. Cet espace permettra aussi au Parti de faire le suivi de la consultation citoyenne et de rendre des comptes quant à la concrétisation des recommandations. 

Question : Quel sera le suivi donné aux contributions citoyennes récoltées lors de cette journée à Marseille ?

 K.M.D : Comme dit précédemment, la deuxième assemblée générale du parti aura lieu en fin d’année, notre objectif est de soumettre les recommandations citoyennes à la validation solennelle des militants pour que les contributions deviennent des éléments consolidés de notre Barnamadj ya Ukombozi. C’est le témoignage de notre démarche participative.

Propos recueillis par Mohamed Ali Nasra

 

 

 

 

 


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