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Justice : Achmet entame une grève de la faim en prison

Justice : Achmet entame une grève de la faim en prison © : HZK-LGDC

Pour protester contre son emprisonnement, Achmet Said Mohamed, ancien candidat à la présidentielle de 2019 et leader du Mouvement Hury, n’a d’autre choix que de déclencher une grève de la faim à la prison de Moroni. Victime de ce qu'il qualifie de « séquestration qui dure depuis plus d’une année », il dit espérer que justice sera faite, selon son avocat.


Un an, jour pour jour, depuis son enlèvement à son domicile. Sans procès, ni libération provisoire, ni même le droit de se soigner malgré sa santé fragile, Achmet se voit dans l’obligation d’entamer une grève de la faim depuis la prison de Moroni où il est incarcéré. Une décision durement réfléchie d’après son avocat Me Djamal El-dine Bacar. « Mon client m’a informé de cette décision. Il poursuivra cette grève de la faim jusqu’à ce que justice soit faite, en espérant que ses droits seront respectés. »

 

Selon nos informations, Achmet aurait rédigé une lettre adressée au ministre de la justice, avec copie à la commission nationale des droits de l’homme, à la direction de la prison et ses avocats leur faisant part de sa décision. Le détenu a exprimé sa détermination à entamer « une grève de la faim pour une durée illimitée » rappelant « le sinistre anniversaire de son enlèvement suivi de sa séquestration », dont il est victime. Notre source proche du dossier nous explique qu’Achmet a souligné que « la justice doit garantir à chaque citoyen le respect de ses droits élémentaires, quelles que soient ses orientations politiques » et a déploré que ses droits aient été bafoués depuis son enlèvement le 09 janvier 2024.

Achmet a décrit son enlèvement comme brutal et a dénoncé les conditions de son incarcération. « Nul ne m'a expliqué les raisons de cet enlèvement, et pendant 21 jours, je suis resté sous intimidation et menace, jusqu'à ce que je sois présenté devant un juge. Je croyais que cela marquait la fin de mon calvaire, mais j’ai déchanté face à l’indifférence de la justice à l'égard de ma santé et des recommandations médicales qui m’ont été fournies », nous dit-il. Raison pour laquelle, il a décidé de rassembler les forces qui lui restent pour poursuivre sa grève de la faim, déclarant qu'elle se poursuivra jusqu'à ce qu'il retrouve sa liberté, qu'un procès soit organisé, ou jusqu'à ce que son décès soit constaté », confie notre interlocuteur. 

Rappelons qu’Achmet Saïd Mohamed, enlevé par des individus encagoulés début janvier 2024, se trouve actuellement en détention provisoire à la maison d'arrêt de Moroni, et attend de cette grève « une libération ou un jugement ». Pendant près de vingt jours après son enlèvement, son état était inconnu, jusqu'à ce que l'on apprenne qu'il fait face à des accusations d’« attentat, complot contre l’autorité de l'État et tentative de commission d'actes terroristes ».

Andjouza Abouheir

 


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