Le Rassemblement démocratique des Comores (RDC) a tenu hier lundi une conférence de presse pour éclaircir l’affaire l’opposant à son secrétaire général Djae Ahmada Chanfi. Quatre personnes du parti étaient convoquées devant le président du tribunal de première instance dont l’ancien gouverneur de l’île de Ngazidja, Mouigni Baraka, président d’honneur du parti, mais ils ne se sont pas présentés sur ordre de leurs avocats.
L’ancien gouverneur de l’île autonome de Ngazidja, Mouigni Baraka, Raoul de Lapeyre, Mohamed Soulé et Oumouri M’madi sont convoqués par le président du tribunal de première instance de Moroni hier lundi suite à une requête introduite par le secrétaire général du parti en l’occurrence Djae Ahamada Chanfi. Mais ces quatre membres influents du Rdc ne se sont pas présentés au tribunal sur ordre de leur avocat.
« On a été saisi par ces personnes suite à une convocation de la part du président du TPI de Moroni. Mais on a vu que les procédures normales n’ont pas été suivies et on a jugé nécessaire de dire à nos clients de ne pas se présenter », déclare Me Mchindra Abdallah, avant de préciser que « que ce n’est un mauvais comportement de nos clients mais de la prudence ».
Cet avocat au barreau de Moroni reste convaincu que le président du tribunal de Moroni ne peut faire de convocation que sur deux choses. Quand il s’agit d’un référé ou bien une requête. « Et dans ce dossier on n’a vu ni l’un ou l’autre. C’est pourquoi nous avons suggéré à nos clients de ne pas présenter par peur d’ouvrir une brèche dans notre système judiciaire », poursuit-il.
L’autre avocat du parti RDC a insisté que dans ce genre de dossier, la présence des personnes convoquées n’est plus nécessaire. « Ce genre de dossier relève du tribunal administratif, les clients ne se présentent guère, mais sont représentés par leurs avocats. Et si aujourd’hui le président du TPI de Moroni nous dit de partir parce que les personnes convoquées ne sont pas là, cela nous a paru un peu étrange », explique Me Tadjiddine Ben Mohamed.
A titre d’exemple, il a cité le cas du dossier qui opposait Houmed Msaidie à Azali pour la CRC ou bien le cas du Dr Toibrane avec le FNJ. « Dans ces dossiers, c’était toujours les avocats qui représentaient leurs clients respectifs. Mais ils n’ont jamais assisté aux débats », ajoute-t-il.
Pour le parti en soi, le porte-parole voit mal les personnes visées par ces convocations. Selon lui, ils n’ont rien à avoir dans ce dossier. « Les personnes convoquées n’ont pas actuellement de pouvoir dans le parti. Et si il voulait faire quelque chose, il aurait du convoquer les bonnes personnes comme moi par exemple », martèle Abbas Mhadjou, le porte-parole du RDC. Il va très loin sur le cas du secrétaire général du parti.
« Djae Ahamada Chanfi n’est pas exclu du parti mais il aurait dû être radié mais on ne l’a pas fait. Aujourd’hui il a pris ses distances. Mais si aujourd’hui il veut diviser notre parti, on ne va pas le laisser faire », souligne-t-il, avant d’insister que « c’est l’avenir de notre parti qui est en jeu ».
Mohamed Youssouf
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