La Gazette

des Comores

Législatives : « Une nouvelle page » avec Karimou Abdoulwahabi

Législatives : « Une nouvelle page » avec Karimou Abdoulwahabi © : HZK-LGDC

Militant de la société civile notamment pour les droits de l’enfant, Karimou Abdoulwahabi compte une fois élu compte faire engager des reformes y compris le système éducatif axé sur l’épanouissement de l’enfant et la clarification des responsabilités des parties prenantes du secteur notamment du secteur privé. Mais pas seulement…


Question : dans le contexte politique tendu actuel, qu’est-ce qui motive votre candidature aux législatives ?

Karimou Abdoulwahabi : La politique comorienne a toujours été tendue, raison pour laquelle, le débat sur les meilleures méthodes et pratiques pour sortir de la pauvreté n’a jamais véritablement eu lieu dans notre pays. Concernant mes motivations, je l’ai répété que depuis des années, nous, en tant qu’acteurs de la société civile, avons soutenu et accompagné des candidats aux différents scrutins successifs. Nous avons dressé des constats implacables sur la situation du pays, posé des diagnostics incontestables et émis des propositions de solution plus ou moins réalisables. Force est de constater que les résultats sont peu satisfaisants pour la population. Et comme dit l’adage «ye mbwana ya masikini ye wuyiwano ndaye waye». C’est pourquoi, cette fois-ci, avec Mohamed Said Ahmed, «karitsu ruma mdru». Nous nous présentons aux législatives dans la circonscription de Moroni Sud. Car, c’est le moment d’ouvrir une nouvelle page, celle d’un engagement politique, principalement mis au service du peuple, remettant constamment et en permanence le quotidien et l’avenir de nos concitoyens au centre de chaque décision politique posée et d’initier les réformes nécessaires en vue du bien-être de la population.

Question : Oui des idées, des projets, ce n’est pas ce qui manque, mais la volonté de changer la vie des comoriens. Qu’est-ce qui vous fait croire qu’élu, vous réussirez à faire bouger les lignes ?

KA : Parce que j’estime être porteur d’un message qui ne soit pas contraire aux idéaux des uns et des autres. Lequel d’entre nous n’espère pas voir notre pays sortir de la misère ? Personne ! Nous sommes aussi conscients que nous ne pouvons pas compter sur d’autres personnes pour relever notre nation. Il nous appartient, à nous, filles et fils des Comores de relever le défi, retrousser nos manches pour asseoir durablement les bases d’un sursaut économique, pouvant garantir une vie meilleure aux citoyens.

LGDC : On constate qu’hormis les deux ex vice-présidents, aucun ténor de la vie politique n’est candidat. Ce qui renforce les soupçons d’une législature aux ordres. Pensez-vous pouvoir agir librement dans une assemblée composée de fidèles de la mouvance ?

KA : Je ne ferai pas de la politique militante. Nos convictions sont inébranlables. Encore une fois, ce qui nous motive c’est de placer la vie et le devenir du comorien au centre de l’action. Par conséquent, nous allons soutenir les bonnes initiatives, nous opposer aux mesures contraires à l’intérêt général (ou les corriger en les adaptant à la réalité) et être une force de proposition concrète. Permettez de faire remarquer que le combat perdu est à coup sûr, celui qui n’a pas été mené.

Question : D’ailleurs qui finance votre campagne ?

KA : Moi et mes amis de la société civile.

Question : Vous êtes candidat à Moroni Sud, le fief de Kiki, comment comptez-vous battre son candidat ?

KA : Ça ne sera pas facile. Le parti Orange a une grande longueur d’avance certes. Ils ont des militants et un leader fort qui les soutient. Je le reconnais et c’est ce qui fait le charme du défi. Moi, je me présente avec mes idées. Je les expose via Facebook et YouTube. Seuls outils à la hauteur de mes maigres moyens de campagne. Une chose est certaine : il faudra compter sur nous dorénavant dans la scène politique. On ne gagnera pas à tous les coups mais le SIYASA YA KINANTSI, cette politique qui ne parle que du comorien et de son sort, finira par triompher.

Question : Vous avez parlé de réformes, lesquelles sont prioritaires pour vous ?

KA : La réforme du système éducatif est cruciale. Trouvez-vous normal les résultats annuels au baccalauréat et ses 20% de réussite depuis plus de deux décennies ? C’est inconcevable, inadmissible. Raison pour laquelle, je proposerai à l’Assemblée une réforme profonde du système éducatif axé sur l’épanouissement de l’enfant et la clarification des responsabilités des parties prenantes du secteur notamment du secteur privé. 

Nous devons tendre aussi vers l’autosuffisance alimentaire. C’est possible. Je l’ai bien expliqué dans une de mes vidéos postées via YouTube. Mais déjà, il faudra arrêter de faire croire aux comoriens que l’Etat peut décider de fixer les prix des denrées alimentaires. Les prix dépendront toujours de la loi de l’offre et de la demande. Tant que l’offre sera inférieure à la demande, les prix continueront de grimper. Donc, la meilleure façon est de se donner les moyens de satisfaire aux 4 facteurs préalables pour une optimiser la production agricole.

Propos recueillis par Andjouza Abouheir

 


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