Un mois après la fermeture de la polyclinique iranienne par le gouvernement comorien, l’amicale Comores-Iran réagit. « Mieux vaut tard que jamais », ainsi commence son intervention Misbahou Mhamadi Madi. Ce président de l’amicale Comores-Iran, dans un entretien exclusif avec La Gazette des Comores parle d’une décision prise par le gouvernement d’Azalai « sans motif particulier ».
D’emblée, il déplore fermement la décision du gouvernement comorien qui venait, selon lui, de priver les comoriens des services de santé fournis gracieusement par le Croissant rouge iranien, en particulier les couches les plus démunies de la population. « Cela juste pour satisfaire des exigences de ceux qui ne se préoccupent pas des questions fondamentales qui touchent le pauvre comorien », lâche Misbahou Mhamadi qui indexe un pays étranger d’être le commanditaire de cette action. Il demande aux Ulémas comoriens de ne pas confondre la pratique de la religion islamique avec les questions géopolitiques entre l’Iran et les autres pays voisins.
« Je demande aux autorités comoriennes pourquoi ne pas garantir la pérennisation des services fournis au profit des plus vulnérables une fois que vous avez commis l’irréparable », s’interroge-t-il, en précisant que les comoriens ne choisissent pas le fournisseur de service en fonction de sa pratique religieuse. Ce que nous voulons ce sont des services efficaces et moins chers. C’est d’ailleurs ce que faisaient et font les iraniens sur le sol comorien : dans les domaines de la santé, de la formation technique et professionnelle, de l’enseignement supérieur, de l’agriculture, de la création d’emploi…», explique-t-il.
La question du conflit entre chiites et sunnites, pour notre interlocuteur, « ne doit pas servir de prétexte pour sanctionner la majorité du peuple comorien ». Il précise que les Comores reçoivent des appuis financiers multiformes et colossaux de la part de l’Union européenne. « Plus particulièrement la France et des pays chrétiens. Est-ce que nous sommes devenus chrétiens », se demande-t-il.
Et lui d’ajouter que le comorien sait très bien ce qu’il veut. « Évitez d’importer aux Comores une discorde entre arabes et perses », prêche-t-il, avant d’ajouter que selon l’histoire de nos deux pays, « il existe des origines communes et nous avons une bonne cohabitation ».
Le président s’étonne et se demande pourquoi doit-on rompre nos liens diplomatiques avec ce pays ami de longue date, au moment où plusieurs pays du monde musulman et non musulman se précipitent pour rétablir leurs relations avec lui. Nos pays voisins comme la Tanzanie, le Kenya ou l'ile Maurice se développent parfaitement dans la paix et la sécurité. « Évitons le fanatisme dans la religion », dit-il, car la multitude de religions dans un pays n'est pas une source de déstabilisation. C’est plutôt l'extrémisme qui est destructrice et menaçante.
« Pourquoi il n’y a-t-il pas des conflits religieux en Malaisie et en Indonésie et pourtant il y a des chiites et sunnites », s’interroge-t-il comme ce fut le cas dans tant de pays d'Afrique, d'Europe ou d'Amérique.
Ibnou M. Abdou
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
© : HZK-LGDC