Dans plusieurs localités de Ngazidja, le matériel électoral a été acheminé en retard. Les opérations qui devraient commencer à 07 heures 30, ont démarré avec des retards non justifiés.
Alors que l’heure officielle d’ouverture des bureaux de vote était fixée à 07h 30, à Moroni plusieurs quartiers ont accusé du retard pour le démarrage des opérations. Au nord de la capitale, dans le quartier de la Coulée qui comptabilise huit bureaux de vote, le matériel électoral est arrivé à 07h52 avec les listes des électeurs. Selon un membre de bureau, aucune explication n’a été donnée afin de justifier ce retard.
En principe, le matériel électoral doit être acheminé dans les bureaux de vote au plus tard à 7h du matin et la liste des électeurs, qui devrait être affichée la veille, ne l'était toujours pas. À Bacha, quartier du candidat Mohamed Daoudou, des mandataires ont été interdits d’accès malgré les accréditations. Dans le bureau 1, une perturbation a marqué le début du scrutin. Le mandataire Said Mohamed Said Hassane s’est vu refuser l’accès au bureau de vote, en raison de l’absence de badge. Abdillah Toibibou, mandataire de Hamidou Bourhane, a été aussi interdit d’accès pour les mêmes raisons. Les deux ont pourtant présenté leurs attestations d'accréditation de mandataire. Saklane Soidik, président du bureau de vote a justifié cette décision en assumant le refus d’accès aux mandataires. Une action en contradiction avec les dispositions du code électoral qui autorise l’entrée des mandataires munis d’un mandat d’accréditation délivré par la CECI. Après quelques minutes d’échanges, l’accès a finalement été autorisé aux deux mandataires.
Alors que les candidats s’étaient concertés avec le ministre de l’Intérieur pour exclure les procurations afin de rendre les scrutins plus crédibles, il a très vite été constaté que la mesure n’était pas respectée partout. A Mtsangani, un jeune homme a été appréhendé par le PIGN parce qu'il tentait d'entraver le processus des procurations. « Les élections se déroulent de manière transparente. Cependant, le problème que nous rencontrons concerne les procurations. On nous a dit qu'elles sont interdites, mais il semble qu'elles soient utilisées de force. Mis à part cela, tout se passe bien », déclare un électeur du quartier Mtsangani. Sur place, Razida appelle à la tranquillité tout en rejetant la responsabilité sur le maire de Moroni. « Abdoulfatah Saïd sera responsable de tout ce qui se passera à Moroni. Il semble vouloir faire passer des procurations même pour des personnes décédées », ajoute-t-il.
À Ntsudjini fief de Mouigni Baraka, le matériel électoral a finalement été livré vers 9h50. Selon un représentant de la CECI, le retard dans l'acheminement du matériel électoral est attribué à l'absence d'un véhicule disponible pour transporter les fournitures du dépôt de la CENI vers les bureaux de Ntsudjini. La voiture n'aurait été mise à disposition qu'à 9 heures. Joint par nos soins, Mouigni Baraka a dénoncé cet incident malheureux. « Azali sabote les élections à plusieurs endroits. Aujourd’hui, à Ntsoudjini, le matériel électoral est arrivé tardivement, alors qu'à Mitsoudje, ils ont commencé à l’heure normale », déplore-t-il, tout en regrettant que le matériel électoral soit arrivé à bord d’une « voiture louée ». Une situation qu'il juge inacceptable.
A M’vuni, la situation était presque calme, dans le bureau Mvuni 1 qui a ouvert ses portes dès 08h00. Un incident a entaché le bon déroulement du scrutin toutefois. Ahmed Ali Mwigni, mandataire du parti Juwa, reproche au président du bureau de vote M’vuni 1 de « cacher quatre paquets de bulletins de vote ». Une accusation grave qui a provoqué quelques échanges houleux. Le président du bureau de vote à lui dénoncé des manœuvres pour perturber le processus électoral. En pareille situation, les mandataires ont la possibilité de saisir les autorités compétentes par courrier. À noter que sur les lieux, une forte présence de gendarmes et de militaires a été observée, suscitant l'inquiétude des habitants rencontrés.
Même son de cloche à Ikoni. A l’entrée de la ville, des militaires contrôlaient les allées et venues avec obligation pour les automobilistes de présenter un laissez-passer. Jusqu’en milieu de journée, aucun incident n’a été déploré. Dans les autres villes avoisinantes comme Mde et Mkazi, le scrutin s’est déroulé dans le calme, et ceux malgré les quelques retards. Une faible participation a été constatée dans quelques bureaux de vote à Ngazidja contrairement aux années précédentes, même si la Ceni se réjouit elle, d’un « taux de participation de 60% » sur l’ensemble du territoire.
Andjouza Abouheir
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