Les conseillers de l’île de Ngazidja se sont réunis hier mardi en séance plénière, avec pour ordre du jour le vote d’un projet de motion de censure contre les commissaires du gouverneur Hassane Hamadi. Le vote a eu lieu malgré l’obstruction d’une poignée d’élus, au moment où le bureau du conseil procédait au décompte des voix. 16 sur 23 conseillers, ont adopté la motion de censure. Un vote passé sous l’œil attentif de trois commissaires et de la porte parole de l’exécutif de Ngazidja.
Dans une atmosphère de cacophonie totale, hier mardi à l’hémicycle du conseil de l’île de Ngazidja, certains conseillers adoptent par scrutin à main levée « la motion de censure » pendant que d’autres se lèvent pour empêcher le vote. Il est 12h 25, lorsque le président du parlement insulaire appelle au vote de la motion de censure, après l’exposé des motifs, à l’encontre des commissaires de Ngazidja.
Le Conseiller Mohamed Ranfiou Ahamada du parti Orange et d’autres du parti Juwa et Dudja, se lèvent pour réclamer la parole. « Pourquoi le président veut passer au vote avant de procéder au débat comme cela se fait d’habitude », se demande-t-ils, en allant jusqu’à arracher les documents des mains du président et de ses assistants.
« Nous voulons un débat, sinon c’est un coup d’Etat constitutionnel que le président veut fomenter », lance le conseiller Rafiou qui tente d’empêche à tout prix le vote, puisque selon lui « la procédure est anti constitutionnelle ». Le président rétorque que lors d’une rencontre préparatoire du vote, « il a été, à l’unanimité décidé de passer au vote directement et sans débat. Je me demande pourquoi en arrivant ici, ils veulent un débat », rétorque Younoussa M’madi, président du conseil, lors d’un point de presse tenu après la suspension de séance terminée en que de poisson.
« 16 sur 23 conseillers, valident la motion », annonce le président. « Il n’y avait pas eu de vote », a rejeté le conseiller Inoussa du parti Juwa qui rejette tous les motifs cités par le conseiller Salami, lors de son exposé des motifs de la motion de censure, à l’encontre des commissaires de l’exécutif de Ngazidja.
Dans cet exposé, les conseillers qui se référent à l’article 57 de la loi statutaire en vigueur, avancent 5 considérants dont le motif de la suppléance du gouverneur de l’île à son conseiller privé « au mépris de l’article 7 de la constitution et 24 de la loi statutaire ». « C’est faux », rétorque le conseiller Rafiou. Pour lui cette question est réglée puisque « la cour a tranchée. Et nous avons discuté avec le gouverneur, il a avoué son erreur. La preuve en est qu’il a pris un des commissaires cette fois-ci pour assumer l’intérim. Donc c’est hors question », insiste-t-il.
Et lui d’ajouter que par rapport au commissaire qui aurait tenu des propos désobligeants à l’égard du président du Conseil, « ce commissaire a publiquement présenté ses excuses devant la presse. Pourquoi revenir encore sur ce sujet », se demande ce conseiller de Dimani qui avance que les autres motifs évoqués « c’est arbre qui cache la forêt ».
Ibnou M. Abdou
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