Le Collectif de la 3ème voie a tenu une conférence débat jeudi dernier à Moroni, pour parler de l’espace démocratique qu’offre le double scrutin des prochaines élections législatives et municipales de janvier et février 2020. Cet échange a réuni certains jeunes cadres et intellectuels issus de la société civile ainsi des membres de l’opposition afin de porter une réflexion sur l’exercice du droit de vote du citoyen comorien.
Doit-on renoncer à notre suffrage ou se rendre aux urnes ? Quelle alternative pour reconquérir l’espace démocratique ? Ce sont ces questions qui ont fait l’objet d’un débat jeudi dernier, à l’initiative du Collectif de la 3ème voie. C’est avec une vidéo projection que le jeune juriste Rafsandjani Mohamed a expliqué l’étendue des pouvoirs de l’assemblée nationale par rapport à la constitution et l’ordonnance du chef de l’Etat relative au code électoral.
« Du point de vue juridique, le parlement en vertu de l’article 66 de la constitution, vote la loi et contrôle l’action du gouvernement. Les députés sont donc les représentants de la nation. Depuis la révision de la constituions en 2018, on note deux sortes des députés à savoir les députés élus par les comoriens de l’intérieur et les députés qui représentent ceux de l’extérieur », dit-il. Il a rappelé que le parlement, par la loi d’habilitation, a donné l’autorisation au président de la république de fixer des règles qui normalement ne relèvent pas directement de l’exécutif mais de l’assemblée. Cette ordonnance adapte trois règles à noter les règles électorales, d’incompatibilité et d’éligibilité ».
Outre l’intervention du juriste, le porte-parole de l’opposition a saisi l’occasion pour tirer les enseignements des élections précédentes, des crises institutionnelles, de l’état de droit « bafoué », des « intimidations » du régime d’Azali Assoumani et le cas de la cour constitutionnelle. Il a mis l’accent sur la non participation de l’Union de l’opposition au scrutin de janvier 2020. « Azali est un démagogue. Je parle au nom de l’opposition dont je suis le porte parole, que nous n’allons pas participer à une mascarade électorale », lâche-t-il.
De son côté, l’avocat Me Moudjahid Abdoulbastoi ne voit pas d’un bon œil la décision de l’opposition de boycotter les prochaines élections. Pour lui, il faut une bonne stratégie pour combattre le pouvoir en place. Il appelle alors à une révision de cette décision de l’opposition afin de trouver un autre stratagème pour la participation du scrutin. « C’est en maximisant nos efforts qu’on sortira vainqueur. Pour moi il faut se présenter aux élections. C’est la seule manière de gagner ce combat démocratique », avance-t-il. Quant à Mme Amina Hassanali épouse Abbas Djoussouf, elle fait appel à la vigilance en tenant compte de l’assaut de Kadaani, qui a coûté la vie à trois jeunes hommes. Elle a également parlé de la question de l’île comorienne de Mayotte. « Je ne suis pas contre l’idée de ne pas se présenter aux élections mais je vous suggère de réfléchir et de prendre toutes les dispositions pour éviter de mettre en danger la vie des citoyens », explique-t-elle.
Andjouza Abouheir
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