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Pourquoi Azali est-il bien accueilli dans les villages d’Anjouan ?

Pourquoi Azali est-il bien accueilli dans les villages d’Anjouan ? © : HZK-LGDC

Vendredi et samedi dernier, le chef de l’Etat a été accueilli dans trois localités différentes et l’ambiance était toujours au rendez-vous. Un phénomène social qui passionne, intrigue et qui fait couler beaucoup d'encre alors que deux enfants chéris de l'île, à savoir Sambi et Salami, sont enfermés.


Le président Azali Assoumani devient de plus en plus populaire à Anjouan. Là où il passe, il est bien accueilli. Une situation qui intrigue certains milieux politiques mais les vraies raisons de cette hospitalité restent floues. Superficiellement, on a l'impression que la chanson de « 2021 » n'est plus d'actualité dans ces régions plus précaires où l'art de danser une fois que le Président est présent devient coutume. Pourquoi ? « Parce que là l'espoir et la famine jouent leur rôle » selon un citoyen. D'autres échos laissent entendre que « c'est la peur et le fait que l'Anjouanais est un intelligent facilement manipulable ».

 

A Koni, fief de Sambi, Jimilime qui est la capitale électorale du parti Juwa, on a assisté à des incroyables scènes de fête quand le chef de l'Etat était passé dans ces zones, sans oublier Salamani Uzini qui n'a ni route, ni électricité, ni téléphone. Mais l'Anjouanais est un phénomène. La semaine passée à Koki et Lingoni où est implantée la centrale solaire qu'on vient juste d'inaugurer, l'atmosphère à la fête du mariage a été bien animée durant le passage du chef de l’Etat le vendredi et samedi dernier. Il a dirigé la prière de vendredi à Koki. A l'entrée comme à la sortie de la mosquée, le Président Azali n'arrivait pas à respirer et c’est grâce aux chants et danses traditionnelles. Incroyable mais vrai. Des politiques (opposants) sans exception disent que « le président exploite la famine de ces localités. Avant d'arriver sur les lieux, il envoie des émissaires pour distribuer des billets de banque ou faire quelques actions de développement pour acheter le calme de son accueil. » 

 

Pour enterrer l'idée d'un quelconque esprit de déstabilisation du pays en passant par Anjouan, Azali et son gouvernement l'intersyndicale des enseignants dans le sens du poil. Laquelle intersyndicale est composée à près de 70% d’Anjouanais dans les trois îles. Une autre analyse qui se murmure dans les coulisses. En tout cas, le débat mérite d'être posé et le gouvernement exploitera tout ce qui laisserait passer l'île dans la tranquillité jusqu'en 2024. La diaspora semble perdre de son influence à Anjouan, même si elle avait pu jouer un rôle en 1997 en profitant de la grogne des enseignants. Azali est-il réellement aussi populaire à Anjouan ?

 

Nabil Jaffar

 


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