Dans une lettre adressée au président de la République, les gouverneurs des îles ont montré leur inquiétude par rapport à certains chapitres de la loi de finances 2017. Ils relèvent dans le budget proposé des « remarques inquiétantes », se montrant favorables à tout compromis pour arriver à un document réaliste.
Décidément le budget de 2017 ne fait pas l’unanimité, malgré sa pertinence et son importance si l’on tient compte des réactions des uns et des autres. Et ce sont les gouverneurs des îles qui montent au créneau, remettant en cause certains chapitres dudit document. Dans une lettre adressée au chef de l'État datant du 7 décembre, les gouverneurs des îles font « des remarques inquiétantes qui figurent dans le projet de budget 2017 et vous faisons part de notre proposition constructive par rapport à nos ambitions ».
Toute en encourageant la « concertation périodique jusqu’à aboutir à un document réaliste portant répartition des compétences entre l’Union et les Iles autonomes », les gouverneurs des îles regrettent la réduction du montant des salaires des agents et de celui des budgets de fonctionnement, alors que ceux de l’Union ont augmenté.
« Dans ce sens, puisque le budget proposé passe de 54 Milliards à près de 80 milliards, nous considérons que cette inquiétude n’a pas de raison d’être, car il suffit d’avoir une meilleure orientation des priorités concertées », peut-on lire.
Ils ont par ailleurs signalé la suppression de certaines taxes, directement rétrocédées aux Iles autonomes (article 3 de la loi des finances 2015/2016) et verser à l’Union sans aucune concertation possible (taxe intérieur sur l’alcool et tabac, etc.). Et faire part que les recettes fiscales sont estimées à 54 078 167 893 FC pour l’Union, alors que celles des Iles sont portées à 351 541 572 FC pour Ngazidja, 507 504 916 FC pour Mohéli et plus de 900 millions FC pour Anjouan, « ce qui ne correspond à aucune réalité », ont-ils remarqué.
Ils ont rappelé qu’au cours de leur dernière rencontre, le président de la République leur avait promis une répartition de l’aide extérieure (aide budgétaire internationale et bilatérale) selon le mécanisme des quotes-parts. « Dans ce cadre, le budget prévu à ce point est estimé dans la classe 74 de 23 464 186 200 FC en 2015/2016 à 45 324 000 000 FC alors que les Îles sont dotées de zéro FC », font-il savoir.
Ils s’inquiètent de ce qu'ils appellent la volonté de l’État de supprimer les directions régionales dans les sociétés d’État, ce qui interdit donc la participation des Îles dans la gestion de ces dernières et la transparence nécessaire. Signalant « l’urgence que l’augmentation de 5% des effectifs d’élèves nous obligent à précéder à un recrutement d’enseignants suffisants et à une régularisation d’importants contrats déjà en place depuis plusieurs années ».
Quatre propositions ont été soumises au chef de l'État par les mêmes gouverneurs qui attendent son invitation « pour que nous allions tous soutenir le budget 2017 de notre pays auprès des parlementaires ».
Maoulida Mbaé
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