La Gazette

des Comores

Projet d’intégration de Mayotte à la COI : Azali appelé à plus de fermeté à Antanarivo

Projet d’intégration de Mayotte à la COI : Azali appelé à plus de fermeté à Antanarivo © : HZK-LGDC

Un rassemblement citoyen s’est tenu hier 16 avril à Moroni pour exprimer un refus catégorique au projet d’installation d’une base navale française à Mayotte, ainsi que sur toute velléité d’intégration de l’île comorienne sous administration francaise au sein de la Commission de l’océan Indien en tant qu’entité indépendante.


Organisée par les forces vives de la nation, cette manifestation a rassemblé les responsables
politiques, membres de la société civile, étudiants, journalistes, etc… Tous unis pour rappeler
l’attachement indéfectible des Comoriens à l’intégrité de leur territoire national. « Non à la
construction d’une base navale à Mayotte » et « non à l’intégration de la COI à Mayotte», tels
étaient parmis les revendications brandies lors de la manifestions. Dans une déclaration
commune, les organisateurs ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une « nouvelle
offensive coloniale de la France », notamment après les récentes déclarations du ministre des
Outre-mer Manuel Valls, perçues comme une « provocation supplémentaire ».
« La France renforce de plus en plus sa position géopolitique et expérimente sa politique anti-
immigration et surtout de colonie de peuplement, au détriment des intérêts de l'archipel
maintenu sou tutelle », déplorent les forces vives qui exhortent le gouvernement comorien à
sortir de ce qu’ils appellent une « diplomatie de l’Autruche ». Elles appellent l’État à saisir le
Conseil de sécurité des Nations Unies et de convoquer d’urgence l’ambassadeur de France à
Moroni pour lui signifier officiellement l’indignation du pays. Une demande pressante a
également été formulée pour inscrire la question de Mayotte à l’ordre du jour de la prochaine
Assemblée générale de l’ONU.
Longtemps perçu comme un proche de la France, le député Ibrahim Mzimba surprend les
manifestants quand il demande la « rupture des liens diplomatiques » avec Paris. « La France
dit avoir interrogé les Mahorais sur sa dépendance à Paris. Et nous, 50 ans après
l’indépendance, avons-nous interrogé les Comoriens sur nos relations avec la France ? », a-t-il
lancé sous les acclamations de la foule.
Parlant au nom de la société civile, Salim Soulaimana, a pour sa part interpellé directement le
chef de l’État. « Nous l’exhortons de défendre cette question lors du sommet de la COI prévu
ce 24 avril à Antananarivo. S’il ne défend pas avec fougue cette question, nous ne le
lâcherons pas d’une semelle », a-t-il prévenu. Cette mobilisation vient rappeler que la
question de Mayotte reste un sujet hautement sensible dans la mémoire collective comorienne.
Pour les forces vives, il ne s’agit pas d’un simple différend diplomatique, mais d’un combat
existentiel, pour l’intégrité territoriale, la justice historique et la dignité nationale.
Andjouza Abouheir


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