La Gazette

des Comores

Salim Djaffar Allaoui, leader du parti « Gnec Renové »

Salim Djaffar Allaoui, leader du parti « Gnec Renové » © : HZK-LGDC

« Les gens qui parlent d’une tournante en 2021, sont dans une démarche délirante aux intentions coupables de déstabilisation »


Une opération ville morte a été lancée le 21 octobre denier et n’a duré que quelques heures. Dans un entretien avec La Gazette des Comores/HZK, Salim Djaffar Allaoui, ancien ministre et leader du parti Gnec Renové affirme qu’il n’y a pas eu ville morte et que les vivants de ce pays ont vu une ville de Mutsamudu et une île d’Anjouan bien vivantes. Sur 2021, il qualifie ceux qui réclament une tournante 2021 de hors-la loi.

 

Quelle est votre réaction par rapport à l'opération de ville morte à Anjouan le mercredi 21 octobre dernier ?

Salim Djaffar Allaoui : Opération VILLE MORTE vous dites? NON ! Le 21 octobre dernier, les vivants de ce pays ont vu une ville de Mutsamudu et une île d’Anjouan bien vivantes. D'ailleurs, laissez-moi préciser qu'au-delà de Mutsamudu qu'ils voulaient morte, c'est tout le pays qui est vivant et qui avance à grands pas depuis qu'il n'est plus dans leurs mains de terroristes radicalisés.

Que pensez-vous de ceux qui continuent à réclamer la Tournante à Anjouan pour 2021 ?

S.D.A. : Je pourrais qualifier ceux qui réclament une tournante 2021 de hors-la loi puisqu'il s'agit des mêmes groupuscules terroristes radicalisés qui font semblant d'ignorer que selon la constitution issue des accords de Fomboni du 17 février 2001, la présidence tournante avait défini une durée de présence de 4 ans qui avait commencé en 2002 pour Ngazidja jusqu'en 2006. Sans le bidouillage illégal de 2009 opéré par le Président Sambi qui était élu au titre du tour des Anjouanais en 2006, la présidence tournante pour les Anjouanais devait s'arrêter en 2010 pour céder le pouvoir en 2010 à un mohélien. Le Président Sambi s’est autorisé un an de prolongation d’une manière arbitraire, la Tournante Mohélienne devait s’achever en Mai 2014.

Le tour des Wangazidjas devrait commencer en 2014 jusqu'en 2018. Sans la modification de Sambi en 2009, le tour des Anjouanais qu'ils disent de 2021 aurait dû se faire en 2018. Ce sont ces mêmes gens qui en 2009 ont tordu le bras de la constitution de 2001 pour squatter le pouvoir au-delà de leur mandat de 4 ans qui viennent aujourd'hui donner des leçons de tournante 2021, que je vous rappelle aurait du être en 2018 s'ils avaient respecté la constitution par laquelle ils sont arrivés au pouvoir.

Par ailleurs, ces gens-là, sont d'autant  plus  malhonnêtes lorsqu'on sait qu'ils ont concouru en 2019 aux élections pour être Président jusqu'en 2024 et parce qu'ils ont perdu viennent aujourd'hui parler de tournante de 2021, qui n'est pas une échéance électorale dans notre constitution de 2018 en vigueur.

En conclusion, pour répondre finalement à votre question, je vous dis que les gens qui parlent d'élections présidentielles d’une tournante en 2021, sont dans une démarche délirante aux intentions coupables de déstabilisation qu'ils ne réussiront pas puisque tout sera fait pour les faire échouer dans chacune de leurs tentatives malfaisantes de déstabilisation du pays. Ce qu'ils n'ont pas l'air de savoir c'est que le peuple comorien est beaucoup plus intelligent qu'ils le croient, il est très mâture. En les regardant faire dans leur petite entreprise de terroristes, les gens sont de plus en plus dégoûtés d'eux et de leur comportement de racailles dans la société.

En les ayant vu concourir aux élections présidentielles de 2019,  les gens se demandent s'ils auraient parlé de 2021 aujourd'hui s'ils n'étaient pas battus.

Enfin, à celles et ceux qui revendiquent à tort une Tournante 2021 pour Anjouan, je leur dirais qu’une seule chose demeure la préoccupation majeure des Anjounais,  et qui rythme le quotidien des Anjouanaises et Anjouanais, c’est de faire  du territoire un havre de paix, un espace où  l’on peut s’épanouir et se développer, et mettre l’Ile sur la voie du plein essor.    

Anjouan devient de plus le centre névralgique des pro-2021. Le fait qu’ils continuent à gagner du terrain, quoique dans la clandestinité, n’inquiète pas l’ancien premier flic de l’île que vous êtes ?

S.D.A. : Les ennemis d'Anjouan aimeraient voir cette île à feux et à sang mais Dieu tout Puissant ne permettra jamais cela inshallah. C'est dans leur imaginaire de ma-andouilles qu'ils croient avoir une popularité et des gens qui suivent leurs délires de 2021. La réalité c'est que les Anjouanais aiment le Président Azali Assoumani et sa popularité grande et grandissante à Anjouan les rend tous fous et délirants. L'ancien ministre de l'intérieur que je suis n'a donc aucune inquiétude qui le tracasse au sujet d'un faux problème de tournante de 2021 tout en sachant que la prochaine échéance électorale des présidentielles constitutionnellement prévue c'est en 2024, point barre.

Ancien homme fort de Mohamed Bakar, pouvez nous dire les rapports actuels entre le chef de l’État et l’ancien rebelle dont le retour a été un temps annoncé par un dignitaire du régime en 2018 ?

S.D.A. : Le Président Mohamed Bacar n'a jamais été un rebelle hormis dans les propagandes mensongères et malhonnêtes du clan Sambi de l'époque lorsqu'il voulait torpiller l’esprit et la lettre issus des accords de Fomboni de 2001 qu'ils font aujourd'hui semblant de pleurer. Le Gouvernement Bacar de l'époque dont je faisais partie était strictement attaché au respect de cette constitution issue des accords de Fomboni 2001 et du processus de Réconciliation Nationale défini dans tous les textes y compris les Accords de Beit-Salam de Décembre 2003 que Sambi a mis dans le placard après avoir détruit l'Autonomie des iles telle qu'elle était définie dans la constitution. Par ailleurs, je n'ai aucune information de rapprochement ni de pourparlers entre le Président Azali Assoumani et l'ex-président Mohamed Bacar qui est au Bénin et dont la date retour aux Comores n'est, à ma connaissance, pas annoncée.

Vous vous êtes beaucoup investi sur le terrain avec des réalisations et des œuvres sociales et certaines personnes vous taxent de populisme.  Que leur répondez-vous ?

S.D.A. : Je suis un homme politique responsable d'un parti très connu qui s'appelle GNEC-RENOVÉ. J'ai fait le choix de l'expression politique par les actes pour accompagner la politique de l’Emergence du Chef de l’Etat contrairement à ceux qui pratiquent la politique par la langue de bois. Les détracteurs-jaloux trouveront toujours du mal à dire sans que ça me fasse chaud ni froid.

Votre nom circulait avant la formation de l’actuelle équipe gouvernementale.  Qu’en était-il réellement ?

S.D.A. : En effet avant la formation de la dernière équipe gouvernementale, mon nom circulait dans les échos parmi les ministrables. Cependant, le choix des ministres est fait par le Président et ce dernier a fait ses choix sans moi. Si votre question c'est de savoir si je suis déçu ma réponse est NON ! Je sers mon pays dans l'Alliance pour le Mouvement Présidentiel et je me contenterai toujours du poste et de la mission que le Président Azali Assoumani décidera de me confier.

Quel regard portez-vous sur la Mouvance présidentielle, dont l’avenir est menacé par les divisions notamment avec cette branche rebelle appelée G10?

S.D.A. : Dans toutes les grandes familles politiques, il y a toujours des courants de pensée et des petits tiraillements. La raison finit toujours par l'emporter et c'est mon souhait le plus profond.

Depuis son arrivée au pouvoir, d’Azali donne à chaque année son nom spécifique : année de l’énergie, année des routes…Quelle différence justement peut-on faire avec les régimes précédents quand on sait qu’aujourd’hui les délestages signent leur retour, et les nids-de-poule omniprésents ?

S.D.A. : Gouverner un pays pauvre comme le nôtre n'est pas chose facile. À son arrivée au pouvoir en 2016, le Président Azali Assoumani a trouvé un pays qui avait sombré dans une obscurité récurrente et notre faible économie complètement paralysée faute d'électricité courante. Il s'est immédiatement mis à résoudre ce problème essentiel à tout point de vue. La différence entre lui et les autres c'est qu’il y a eu beaucoup de problèmes qu'il a résolus ou qu'il lutte pour résoudre. Le bilan du Président Azali Assoumani est d'ores et déjà très positif quand bien même il resterait encore beaucoup à faire…, les mauvaises langues oublieront que le verre hier vide, n'est aujourd'hui qu’à moitié vide et donc à moitié plein selon comme on le regarde.

Il avait justement qualifié l’année 2020 d’année de lutte contre la corruption et celle de l’éducation. Dans les faits, qu’est ce qui a été fait ou étaient des formules à l’emporte-pièce ?

S.D.A. : Dans la lutte contre la corruption, beaucoup de choses sont faites et des gros escrocs sont en prison. Ce travail de longue haleine est juste accentué en 2020 mais a commencé bien avant et se poursuivra certainement bien après. Quand à l'éducation, beaucoup de choses sont faites et d’autres restent à faire mais sont entrain d'être faites.

A votre avis, pourquoi la promesse phare « un jeune, un emploi », traine à se réaliser ?

S.D.A. : On ne fait que tarder à voir la partie émergente de l'iceberg mais le travail de fond est entrain de se faire d'arrache-pied...

 

D'où viennent les fonds qui entretiennent le groupement politique « Gnec rénové » dont vous tenez les rênes ?

S.D.A. : Comme tous les partis politiques, le GNEC-RENOVÉ est financé par les différentes sortes de fonds dont les cotisations des membres actifs, des sympathisants et des personnes morales bienfaitrices.

 

Propos recueillis par Nabil Jaffar


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