Ça n’est pas encore une crise existentielle, mais ça en a l’air. Mercredi dernier, l’ancien ministre et membre éminent du parti au pouvoir a accordé une interview à un média en ligne de la place, et au cours de celle-ci, des révélations très accablantes envers le secrétaire général du gouvernement ont été faites. A moins d’être une stratégie interne du parti, les déclarations de Sali Hafi risquent de secouer le marigot politique du tout puissant parti au pouvoir.
Sur 15 ministres composant le gouvernement du président, Azali Assoumani, 14 auraient écrit au chef de l’Etat pour lui faire part des blocages, pour ne pas dire des obstructions du secrétaire général du gouvernement à leurs actions, selon l’ancien ministre. À en croire Salim Hafi, celui qui devait coordonner l’action gouvernementale serait devenu, aujourd’hui, le principal frein à la réalisation des projets et des réformes engagés par ces ministres, et donc par l’État. « Certes, ils acceptent qu’ils sont les principaux responsables de leur échec, mais dans le même temps, ils attribuent ces échecs au secrétaire général du gouvernement de par ses nombreuses injonctions » a-t-il ajouté. Pour lui, le chef de l’Etat doit tirer les conséquences de cette situation. « Le président est désormais face à un choix, soit il renvoie tout le gouvernement, soit il se sépare du secrétaire général du gouvernement, soit il décide de mettre fin aux fonctions des deux. » S’il ne l’a pas dit ouvertement, en prenant une telle décision, le chef de l’Etat restaurerait l’autorité de l’État, tout en remettant l’action gouvernementale sur les rails.
Autre point abordé par l’ancien ministre, c’est la gestion du parti, que l’ancien ministre n’estime pas du tout conforme au texte. Pour lui, l’équipe actuelle dirigée par le secrétaire national et non moins Directeur de cabinet du chef de l’Etat, doit montrer patte blanche lors du prochain congrès du parti. » Selon lui, il y’aurait beaucoup à dire sur la gestion du parti ces trois dernières années. « Nous exigeons que ceux qui dirigent le parti aujourd’hui, nous fassent un bilan politique, financier et moral. » S’il concède volontairement que sur le plan politique, du mieux a été fait, notamment lors des dernières élections, où le parti est sorti vainqueur. S’il dénonce un certain népotisme, c’est sur le plan financier, qu’il demande des comptes. « Nous voulons que le bilan financier soit clair. Nous voulons une vraie reddition des comptes du parti CRC, où chaque centime sera compté. » Et ce dernier de continuer : « Là où je suis, je détiens les comptes du parti CRC. Dans ces comptes, il y’a eu des transactions, des dépenses, des retraits et des dépôts bizarres, qui n’ont rien à avoir avec la CRC. »
Les révélations de l’ancien ministre interviennent alors que le parti au pouvoir traverse une période de fortes tensions internes. Les anciens cadres du parti reprochent à la nouvelle direction de gouverner sans tenir compte de la ligne politique qui avait été définie durant les dix années passées dans l’opposition, « Si ceux qui sont aujourd’hui à la tête du parti ne se conforment pas au règlement intérieur, nous ne pouvons pas l’accepter », affirme l’un d’eux. Dans ce contexte, des démarches auraient été entreprises depuis plusieurs mois afin de tenter de redresser la situation. « Il est vrai que j’ai rencontré l’ancien ministre Saïd Ali Chaihane au moins trois fois au cours des derniers mois, avec pour objectif de discuter de l’état du parti et de la direction qu’il a prise. » Ces rencontres alimentent ainsi les spéculations sur une possible recomposition des rapports de force au sein de la formation politique, à un moment où les divergences entre anciens et nouveaux dirigeants semblent atteindre un point de rupture.
Imtiyaz
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