Le collectif Mawatwaniya, engagé pour le développement de Moroni, a annoncé ce dimanche 26 janvier 2025, lors d'un point de presse à Moroni, son retrait des élections municipales prévues le 16 février prochain. Cette décision, qualifiée de « symbolique », intervient après une critique sévère des irrégularités observées lors des récentes élections législatives.
Réuni à Moroni, le collectif a justifié son retrait par des irrégularités graves constatées lors des législatives, qu’il estime avoir compromis l’intégrité du processus électoral. En dénonçant un système « biaisé », le collectif souhaite alerter sur la crise des valeurs démocratiques et réaffirmer son engagement envers la ville en poursuivant des actions sociales. Les « Mawatwaniya », se définissant comme un collectif transcendant les clivages partisans, affirment avoir travaillé sur un programme ambitieux pour transformer Moroni. « Mawatwaniya n’est pas un parti politique, mais un regroupement de patriotes diversement engagés pour le pays et pour leur commune, qui ont décidé de mettre ensemble leurs expertises, réflexions et projets pour la ville dans l’objectif de développer un programme ambitieux de transformation profonde de Moroni », a déclaré Mohamed Djalim Ali, porte-parole du collectif.
Le collectif justifie son retrait par les nombreuses irrégularités qu’il affirme avoir constatées lors des législatives. « Nous avons été les témoins des entorses au code électoral pendant la campagne comme le jour du scrutin : utilisation abusive des moyens de l’État au profit des candidats du gouvernement, bourrages d’urnes, procurations vierges signées, vote d’électeurs décédés etc. La plupart de ces faits ont été filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, ne laissant aucune place au doute », ont-ils déclaré. Et de fustiger la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et la Cour suprême pour avoir validé ces pratiques, qu’il qualifie de « mascarade électorale ». Pour Mawatwaniya, ce processus porte atteinte à la crédibilité des institutions et au droit des citoyens à choisir librement leurs représentants.
Face à ce qu’ils considèrent comme une violation des principes démocratiques, les membres du collectif ont pris la décision de se retirer des municipales. « Nous ne pouvons cautionner un processus vicié en plus du mépris manifesté envers les électeurs et leur droit à exprimer leur choix dans les urnes », a confié Mohamed Djalim Ali. « Par ce retrait, nous voulons exprimer notre profonde inquiétude quant au renversement des valeurs qui est en train de s’opérer dans le pays », ont-ils ajouté. Dans sa déclaration, ce collectif interpelle la nation sur l’avenir hypothéqué des Comores. « Les scènes de célébration de cette nouvelle mascarade électorale sont indignes d’un État de droit qui prétend s’inspirer des valeurs et principes de l’islam. L’embrigadement de la jeunesse dans des pratiques qui humilient la nation doit nous interpeler sur la préservation du bien commun qui est notre pays », a-t-il conclu.
Mohamed Ali Nasra
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