Addis-Abeba abrite la 76e session du Comité régional de l'OMS pour l'Afrique. Les quarante-sept États membres y dessinent les priorités sanitaires du continent pour la prochaine décennie, dans un contexte marqué par les crises épidémiques, climatiques et financières. Notre pays étant représenté par le Dr Naouirou Mhadji.
Le thème choisi, « Une nouvelle ère pour la santé en Afrique : une action commune pour la Vision 2035 », résume l'ambition : bâtir des systèmes plus résilients, plus autonomes et plus performants. Pour notre pays, cette session offre une tribune stratégique pour défendre les réalités insulaires. Cinq chantiers structurent les travaux. D'abord, la Vision 2035 elle-même, qui vise à transformer durablement les systèmes de santé africains. Ensuite, le renforcement des ressources humaines. Un programme 2026-2035 est en discussion pour former, recruter et retenir les soignants, avec l'objectif de créer trois millions de professionnels qualifiés supplémentaires d'ici 2035. Le troisième axe est basé sur le financement. Les délégations planchent sur une stratégie 2026-2035 pour réduire la dépendance à l'aide extérieure et accroître les budgets nationaux alloués à la santé.
La quatrième priorité est la sécurité sanitaire. Notamment par la mise en œuvre des amendements au Règlement sanitaire international, consolidation des équipes médicales d'urgence et transition vers une lutte pérenne contre la poliomyélite. Enfin, le RC76 reste l'instance où s'évaluent les progrès et s'adoptent les décisions communes. Au milieu de ces débats, la voix des Comores a porté. Présent à Addis-Abeba, le Dr Naouirou Mhadji est intervenu sur le processus conjoint de réforme de l'architecture mondiale de la santé, au nom de l'archipel. Il a déclaré : « Nous considérons cette réforme comme une occasion historique de bâtir un système mondial plus efficace, plus équitable et plus réactif face aux défis sanitaires actuels et futurs ...Nous encourageons un renforcement de la complémentarité entre les niveaux mondial, régional et national, ainsi qu'une collaboration accrue avec les institutions africaines pour une réponse plus cohérente aux priorités sanitaires du continent. »
En qualifiant la réforme d'« occasion historique », le Dr Mhadji a rappelé que le statu quo n'était plus tenable. Et que pour les petits États insulaires, particulièrement exposés, bâtir « un système mondial plus efficace, plus équitable et plus réactif » est une nécessité vitale. Tout en réaffirmant « le rôle central de l'OMS comme autorité directrice et coordinatrice de la santé mondiale », Moroni s'est toutefois positionné contre la fragmentation de la gouvernance sanitaire et pour un multilatéralisme renforcé. Enfin, en appelant à « une collaboration accrue avec les institutions africaines », notre archipel a plaidé pour une approche ancrée dans les réalités continentales. L'idée d'une « réponse plus cohérente aux priorités sanitaires du continent », illustrant la volonté de mieux articuler les niveaux mondial, régional et national, au bénéfice des populations les plus vulnérables.
Hamdi Abdillahi Rahilie
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC