Depuis plus de trois mois, l'hôpital de référence fonctionne au ralenti. Le mouvement de grève du collectif des soignants contractuels a vidé les couloirs d'El-Maarouf, laissant les services vitaux au bord de l'asphyxie. Selon nos sources, à la maternité, le service minimum ne tient plus qu'à un fil.
Le hall d'habitude bouillonnant du bâtiment principal du CHN n'est plus le même. Depuis le début de la grève du personnel contractuel, l'établissement de référence vit une crise sans précédent. Le conflit, né de revendications salariales et de conditions indignes, s'est durci au final avec le licenciement de plusieurs médecins pour grève irrégulière. Une décision qui a mis le feu aux poudres. Et pour cause, les licenciés incluent des piliers des services critiques tels que la maternité, la gynécologie-obstétrique et l’imagerie médicale.
Les conséquences sont immédiates sur le terrain. Les fonctionnaires restés en poste, épuisés par des longues gardes enchaînées, tentent de colmater les brèches. Parmi les services les plus touchés figure la maternité. En sous-effectif, les médecins ne programment plus aucune consultation de routine. Seules les urgences vitales extrêmes, notamment les césariennes, sont prises en charge. Une sage-femme du service, sous anonymat, confie : « Ça s'empire de jour en jour. En sous-effectif, les médecins ne programment plus de consultations. A la maternité, on ne prend plus que les urgences opératoires, car on ne peut pas assurer à la fois les consultations quotidiennes, les césariennes urgentes et les autres examens. »
Le résultat est sans appel. Des dizaines de femmes enceintes, suivies pour des grossesses à risque ou en attente d'une opération programmée, sont refoulées. Sans alternative à Moroni, elles doivent parcourir plus de trente kilomètres pour rejoindre le centre hospitalier de Mbeni, qui risque lui-même d'être débordé. Dans les salles d'attente plus ou moins désertées, l'angoisse des familles est palpable. Le bras de fer entre la direction et le collectif reste sans issue. Pendant que les deux parties s'accusent, ce sont les patientes les plus vulnérables qui paient le prix fort d'un système hospitalier à bout de souffle.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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