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CHN El-Maarouf : Le gel des arriérés provoque l’ire des fonctionnaires

CHN El-Maarouf : Le gel des arriérés provoque l’ire des fonctionnaires © : HZK-LGDC

Dans une note circulaire datant du 4 août, la direction du Centre Hospitalier National El-Maarouf a annoncé le gel du paiement des gardes antérieures à juillet 2026. Présentée comme une optimisation de la paie, la mesure frappe les fonctionnaires qui ont assuré la continuité des services de soins pendant la grève des contractuels.


La note, signée de la direction générale et dont nous avons obtenu copie, a été adressée à l'ensemble du personnel, médical, paramédical, technique et administratif. Elle stipule qu'à compter de la paie de juillet 2026, « le paiement des gardes et autres avantages au titre des arriérés seront mises en attente », tandis que les gardes courantes continueront d'être réglées normalement « afin de stabiliser le processus de calcul de la paie ». La direction précise que ces arriérés seront soldés « suivant l'amélioration des recettes », l'objectif affiché étant de permettre à tous de percevoir pleinement la revalorisation de la prime de garde. Elle rappelle enfin que tout planning transmis après le 05 du mois sera reporté sur les cycles ultérieurs.

 

Sur le papier, cela s’apparente à une mesure technique. Mais dans les faits, et c'est le cas de le dire, c'est un coup dur pour les fonctionnaires. Les mois gelés, quatre à cinq mois d'arriérés selon les agents, coïncident exactement avec la longue grève des contractuels qui a paralysé El-Maarouf au premier semestre 2026. Pour éviter l'effondrement des soins, les fonctionnaires ont multiplié les gardes et assuré la permanence. Selon toujours notre informateur, durant ce mouvement, la direction a recruté en masse des remplaçants, dont des paramédicaux ressortissants de l'EMSP. Depuis, nombre de grévistes ont repris leur poste après avoir signé un formulaire de désolidarisation du collectif. Additionnés aux nouvelles recrues, ils portent l'effectif à un niveau inédit. Les remplaçants ont été rémunérés, mais l'hôpital peine désormais à absorber la masse salariale. D'où, selon la direction, la nécessité d'une réorganisation pour payer équitablement tout le monde.

 

Les fonctionnaires, eux, dénoncent une mise aux oubliettes déguisée en “mise en attente”. « J'ai découvert la note en arrivant au service. On nous dit que seules les gardes de juillet et les mois suivants seront payés, le reste attendra l'amélioration des recettes. Nous, on sait ce que cela veut dire : elles ne seront plus jamais versées », confie un agent fonctionnaire du centre d'imagerie médicale, sous couvert d'anonymat. « La direction invoque la réorganisation de la paie. Mais ce sont précisément les mois où nous nous sommes sacrifiés pour tenir l'hôpital debout pendant la grève. On a travaillé pour rien. C'est une profonde injustice. On s'est sacrifié pour mériter ça ? » L'amertume est d'autant plus vive que, selon lui, la note n'a même pas été affichée officiellement.

 

Dans les couloirs, la colère monte peu à peu. La frustration gagne les équipes de l'hôpital de référence. D’ailleurs, certains fonctionnaires auraient selon notre témoin, proposé de préparer une lettre de réclamation. D'autres évoquent un retrait possible de la note, mais pour le moment aucune annonce officielle n'est venue. Au-delà des arriérés, il est choquant de sanctionner ceux qui ont tenu l'hôpital à bout de bras à un moment critique. À El-Maarouf, déjà fragilisé, la mesure pourrait éventuellement rouvrir une crise.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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