Des matelas posés à même le sol pour ceux qui ont eu la chance d’avoir une chambre. Les autres, trois au total, ont passé la nuit soit sur une chaise soit dans une voiture. Une personne âgée et diabétique rentré de l’hôpital après avoir été happé d’un AVC était laissé sans assistance médicale qu’il a dû faire un malaise.
Des passagers venus de France mardi à bord d’Ethiopian Airlines sont placés en quarantaine dans un motel situé devant l’aéroport de Hahaya. Ceux qui se sont soumis à l’impérative doivent regretter de n’avoir emboité le pas à ceux qui ont fait intervenir des personnes haut placées pour se soustraire aux mesures de prévention.
En effet, trois d’entre eux n’ont pas trouvé de chambre libre pour être logés. Ils étaient contraints de passer la nuit de mardi à mercredi dehors. Un d’eux est dormi dans un véhicule envoyé à cet effet par sa famille. Le comble, alors que bagages et passeports ont été confisqués, une personne âgée, un septuagénaire, avait fait un malaise d’après nos informations faute d’avoir pris ses médicaments.
Cette personne vulnérable est revenue de Paris où elle était partie se soigner après avoir été victime d’un accident vasculaire cérébrale, en plus d’être diabétique selon les informations obtenues, cette fois, auprès du ministère de la santé qui avait dépêché un médecin consulter le malade. Jusqu’à 19H30 hier, l’homme en question étaient toujours gardé en quarantaine dans le motel tandis que les trois passagers sans chambre, leur situation n’était encore pas réglée.
Malgré le temps qui passe, le gouvernement semble travailler dans le tâtonnement. Hier encore, d’autres passagers, dix-sept, sont arrivés et n’ont pas échappé à la règle de quarantaine. Les autorités avaient choisi un local occupé par le projet « filets sociaux » à Mboueni, au centre de Moroni, pour les loger. Problème, ce bâtiment est situé entre deux établissements scolaires, une mosquée et des habitations.
Les jeunes de ce quartier ont essayé de s’y opposer, mais nous apprendrons tard dans l’après-midi que la décision des autorités était « irrévocable » selon un journaliste spécialisé dans les questions de santé. En début de soirée, une réunion interministérielle se tenait aux Affaires étrangères. Au moment où nous bouclions ces lignes, elle n’était pas encore terminée. La question que l’on peut légitimement se poser est simple : pourquoi l’Etat n’est pas en mesure de réquisitionner des hôtels pour placer ces personnes dans des conditions dignes et éviter les risques complications éventuelles.
Un Etat n’est-il pas capable de débloquer des fonds d’urgence dans une telle situation d’urgence sanitaire pour préserver la santé de la population ? Faut-il encore attendre que le premier cas de corona virus soit déclaré pour enfin prendre la mesure du danger auquel est exposé un petit pays dépourvu de toute structure médicale de prise en charge d’une épidémie de cette ampleur ?.
Andjouza Abouheir
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