Les Comores ont célébré pour la première fois la journée internationale de la lutte contre le cancer. Après les plaidoyers faits par l’Accf pour un accompagnement des femmes atteintes par cette pathologie, le ministère de la santé compte rattraper son retard en matière de prévention et de dépistage en mettant en place un programme national.
C'est sous le thème « tout le monde mérite l'accès à des soins contre le cancer », que le pays a célébré vendredi 04 février dernier pour la première fois la journée internationale de la lutte contre le cancer. Le thème choisi marque le début d’une campagne de trois ans qui vise à sensibiliser le monde entier sur le cancer et ses impacts, en particulier sur les plus vulnérables. Selon l’OMS, l’Afrique enregistre chaque année, environ 1,1 million de nouveaux cas de cancer, et 700.000 décès. Le cancer du sein, tout comme les cancers du col de l’utérus, de la prostate, du foie et le cancer colorectal, représentent près de la moitié des nouveaux cas de cancer recensés sur le continent. La maladie touche malheureusement aussi les enfants puisque plus de 400 000 enfants sont diagnostiqués chaque année d’un cancer dans le monde, environ 90% vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Les taux de survie sont très bas dans les pays africains, inférieur à 20% contre plus de 80% dans les pays développés.
Aux Comores, le manque d’un plan stratégique fait débat. Cependant, entre 1995 et 2008, le pays a comptabilisé 495 cas de cancers dont 64% des cancers chez la femme avec 46,06% des cancers gynécologiques. D’après les données de l’ACCF, lors de sa première édition de 2019, le centre d’imagerie médicale a réalisé 29 mammographies et 404 en 2020. Sur ces 404, 84 tumeurs sont enregistrés dont 5 malignes. Pour la troisième édition (2021), 673 mammographies ont été réalisés et 8 malignes ont été identifiées. La présidente de l’ACCF Zahara Abdallah a expliqué que sur un échantillon de 200 femmes, 128 ont leur cytologie normale soit 64% tandis que 11 présentent des lésions de bas grade et 16 femmes, soit 8% ont des lésions de haut grade. Les lésions de haut grade associées aux lésions de cancer représentent 13% des effectifs (26 patientes). Ces résultats sont frappants. Cette dernière fait savoir que "la femme comorienne exige une stratégie nationale de lutte contre les cancers gynécologiques et dans les meilleurs délais, une convention sanitaire régionale qui soulagerait un peu celles qui pourront se déplacer », précise-t-elle.
De son côté, le représentant de l’OMS en Union des Comores, Dr Abdoulaye Diarra a réitéré le message de la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique Dr Matshidiso Moeti. Selon elle, des projections alarmantes indiquent que les taux de mortalité par cancer en Afrique augmenteront de façon exponentielle dans les 20 prochaines années, dépassant de 30% la moyenne mondiale. « Il est donc urgent de redoubler d’efforts pour diminuer le nombre de nouveaux cas de cancer. Nous lançons un appel aux États membres de la région africaine pour qu’ils fassent les investissements nécessaires afin de permettre à tous nos citoyens d’accéder à des soins anticancéreux de qualité, quels que soient leurs revenus et leur situation géographique » a confié celui qui n’a pas manqué de rappeler les Comores à s'engager davantage pour que la lutte contre les facteurs de risque du cancer soit érigée en priorité par le gouvernement.
Quant à la ministre de la santé Loub-Yakouti Attoumani, elle a montré que pour lutter contre cette pathologie qui prend de l’ampleur au pays, le ministère s’est engagé à mettre en place un programme national de la lutte contre le cancer qui va fédérer autours de 2 objectifs. Il s’agira de rattraper notre retard en matière de prévention et de dépistage, renforcer les capacités de diagnostic, offrir à chaque maladie la qualité des soins et l’accompagnement humain auxquels il a droit. « Nous parviendrons à faire des Comores un pays ou le cancer sera une maladie rare, facile à dépister et ou la prise en charge sera accessible à tous », rassure-t-elle.
Andjouza Abouheir
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