La Gazette

des Comores

Un plan national pour sécuriser la gestion des déchets biomédicaux

Un plan national pour sécuriser la gestion des déchets biomédicaux © : HZK-LGDC

Le gouvernement a officialisé le mercredi 09 septembre, le plan stratégique national de gestion des déchets biomédicaux 2025-2029. Porté par les ministères de la santé et de l’environnement avec l’appui du PNUD et du fonds pour l’environnement mondial, il vise à corriger de graves lacunes et protéger ainsi population et environnement.


Mercredi dernier, la salle de conférence du ministère de la santé a abrité la signature officielle très attendue du plan stratégique national de gestion des déchets biomédicaux. Un document couvrant 2025-2029 qui dote désormais le pays d’une feuille de route face à un risque longtemps sous-estimé. L’état des lieux présenté par le Dr Naouirou Mhadji, de la direction de la lutte contre la maladie, fut alarmant. Selon la Banque mondiale, 55% des établissements ne disposent pas de système de tri, seul 45% du personnel est formé et seulement 16% des incinérateurs sont fonctionnels selon les normes. Des insuffisances qui exposent populations, soignants et environnement. Le ministre de la santé Ahamadi Sidi Nahouda a rappelé que la gestion des déchets médicaux est « un enjeu majeur de santé publique et environnementale pour garantir la qualité et la sécurité des soins, protéger le personnel et préserver l’environnement ».

 

Il a reconnu que ceci « malgré ces efforts, des insuffisances persistent, notamment en matière d’infrastructures, d’équipements et de financements et d’applications des procédures » de l’OMS. Par conséquent, avec l’OMS, la Banque mondiale, le PNUD et le Fonds mondial, l’État a engagé dès 2024 la mise à jour du cadre réglementaire pour une stratégie intégrée et durable. Dans la même lancée, le ministre de l’environnement Abubakar Ben Mahmoud a renchéri lors de la cérémonie : « La gestion des déchets médicaux constitue un enjeu majeur de santé publique et de protection de l’environnement. Une gestion inadéquate de ces déchets expose les populations, les professionnels de santé et notre environnement à des risques considérables ». Puis de poursuivre : « La gestion des déchets médicaux n’est pas une question secondaire. C’est pourquoi nous devons la considérer comme une responsabilité collective, qui dépasse le cadre des établissements de santé ». Pour lui, « la signature de ce Plan est bien plus qu’un acte symbolique. Elle traduit une volonté politique forte ».

 

Par ailleurs, le représentant du PNUD Luca Monge Roffarello a inscrit l’action dans le projet ISLANDS financé par le FEM : « Cette initiative cible les établissements sanitaires et publics ». Une mobilisation de ressources pour soutenir la mise en œuvre. En effet, avec le FEM et le PNUD via ISLANDS, le gouvernement finance vulgarisation, équipements et renforcement des capacités. Il est prévu d’équiper les grands centres hospitaliers de Ngazidja, Ndzouani et Mwali d’incinérateurs modernes pour tout le réseau, avec coordination et suivi. À savoir que le PNGDM repose sur six axes : service central et antennes régionales, maintenance des équipements, mise en conformité de 75% des établissements, formation de pools de formateurs et quatre agents par structure sur deux ans, financement impliquant communes et usagers, et sensibilisation. Le cadre 2024-2025 définit collecte, tri, conditionnement, stockage, transport, valorisation et élimination selon les normes internationales, en lien avec le PCE. Une campagne nationale sera lancée sur l'ensemble du territoire pour en faire « un instrument vivant, compris et approprié par tous ».

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 


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