La Gazette

des Comores

19 agents de la BPC réclament leurs droits

19 agents de la BPC réclament leurs droits © : HZK-LGDC

Dix-neuf agents de la Banque Postale des Comores (BPC) ont été remis à la disposition de l’État sans aucune clarification sur leur avenir. Ces pères et mères de famille sont aujourd’hui sans salaire depuis quatre mois, une situation particulièrement inquiétante à l’approche des examens de fin d’année pour leurs enfants. Forts de plus de 20 ans d’expérience, ces agents demandent simplement leur réintégration ou le respect de leurs droits.


Le renvoi d’agents de sociétés d’État semble devenir une pratique courante dans le pays. Après le cas de l’aéroport, c’est aujourd’hui le tour de la Banque Postale des Comores, anciennement appelée SNPSF de licencier 19 de ses agents. Tout a commencé avec l’arrêté ministériel du 19 février 2024, qui a réparti les biens, droits et obligations de la SNPSF entre la Banque Postale des Comores et la Poste des Comores. À l’issue de cette scission, ces agents figuraient parmi le personnel de la BPC. « Après la division de la SNPSF en deux institutions la Banque Postale des Comores et la Poste des Comores, 19 agents ont été affectés à une agence supplémentaire de la Poste, sans que leurs noms ne soient explicitement mentionnés. Pourtant, nous faisions partie des agents de la Banque Postale. Nous avons commencé à travailler en tant qu’agents de la Banque. Mais au moment du paiement des salaires, nous n’avons rien perçu. En demandant des explications à la direction, on nous a répondu que nous ne faisions pas partie des agents de la Banque. C’est ainsi que nous avons compris que nous étions les 19 agents concernés. Nous avons été affectés sans aucune notification officielle », explique un membre du collectif.

Elle poursuit, « lorsque les agents de la Poste ont été payés, nous avons finalement reçu nos salaires, ce qui nous a étonnés. Nous sommes alors allés voir le directeur général de la Poste, Mohamed Abdallah Boina, qui était auparavant chef du personnel. Nous lui avons demandé des explications pour comprendre comment nous avions été transférés à la Poste alors que nous étions agents de la Banque, et quel serait notre avenir. Il nous a répondu que nous faisions désormais partie du personnel de la Poste, tout en nous rassurant que, compte tenu de notre expérience, nous ne pouvions pas être licenciés ».

Cependant, en août 2025, les agents ont reçu un préavis leur annonçant qu’à partir de fin décembre, ils ne feraient plus partie du personnel de la Poste des Comores et qu’ils devaient retourner à la Banque. « Nous n’avons travaillé qu’un an. Lorsque nous avons demandé des explications au directeur, il nous a répondu qu’il ne pouvait pas nous garder, car la subvention allouée ne couvrait qu’une année », précise-t-elle. Face à cette situation, les agents ont saisi l’inspection du travail, qui leur a recommandé d’adresser un courrier à la direction. Ils ont ainsi envoyé des correspondances aux autorités compétentes : le ministre, le secrétaire général du gouvernement, la Banque centrale. Finalement, la directrice générale de la Banque Hayati Hamadi Soulé leur a accordé une audience. « Ce rendez-vous a été amer. En présence de son avocat, la directrice nous a traités avec mépris. Par respect, nous n’avons pas réagi », ajoute-t-elle.

Aujourd’hui, ces agents sont dans une situation d’incertitude totale. « Cela fait quatre mois que nous ne savons pas où nous en sommes. Nous sommes sans salaire, avec des familles à nourrir. Ce qui est le plus choquant, c’est l’attitude du directeur de la Poste, qui était autrefois notre chef du personnel. Aujourd’hui, il nous considère comme de simples agents contractuels, alors que nous avons la même carrière et que nous avons défendu nos droits ensemble à l’époque de la SNPSF. Il a même osé nous dire que c’était un sacrifice. Nous demandons simplement à être réintégrés ou à obtenir nos droits », conclut un autre membre du collectif. Le collectif  interpelle l’Etat sur leur cas et demande leur intégration et le respect de leurs droits légitimes. 

Nassuf Ben Amad

 


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